Home Sciences et technologies La comète 3I/ATLAS change de luminosité et surpasse sept fois une comète normale : les scientifiques ne la comprennent pas

La comète 3I/ATLAS change de luminosité et surpasse sept fois une comète normale : les scientifiques ne la comprennent pas

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Publié le 2025-11-04 14:41:00. La comète interstellaire 3I/ATLAS déconcerte les scientifiques par son comportement lumineux inhabituel lors de son passage dans notre système solaire. Sa luminosité croissante, bien plus rapide que pour une comète classique, soulève de nombreuses interrogations.

  • Découverte le 1er juillet, 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire confirmé dans notre voisinage cosmique.
  • Sa luminosité a augmenté à une vitesse record, 7,5 fois supérieure à la normale, un phénomène inexpliqué à ce jour.
  • Une analyse suggère que sa surface est altérée par des milliards d’années de rayons cosmiques.

La communauté scientifique est une fois de plus interloquée par les phénomènes spatiaux. La comète 3I/ATLAS, récemment identifiée, intrigue par son comportement singulier lors de son périple à travers notre système solaire. Sa découverte, le 1er juillet dernier par le réseau d’alerte ATLAS au Chili, marque la troisième visite confirmée d’un objet interstellaire dans notre environnement, après ‘Oumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Cependant, ce qui distingue particulièrement 3I/ATLAS, c’est la rapidité fulgurante avec laquelle sa luminosité s’est accrue à mesure qu’elle s’approchait du Soleil.

Selon les analyses publiées, la comète s’est illuminée à une vitesse 7,5 fois supérieure à celle observée pour les comètes classiques. Ce phénomène demeure une énigme pour les chercheurs. Fin octobre, lors de son passage au plus près du Soleil (périhélie), la comète a montré un éclat d’une intensité inattendue, s’éloignant des schémas habituels.

La comète 3I/ATLAS. Crédit : NASA
La comète 3I/ATLAS, découverte le 1er juillet 2025. Crédit : Avec l’aimable autorisation de la NASA

Un mystère derrière le Soleil

Pendant une grande partie du mois d’octobre, 3I/ATLAS était dissimulée derrière le Soleil, la rendant inobservable pour les télescopes terrestres. Néanmoins, une équipe d’astronomes, menée par Qicheng Zhang de l’observatoire Lowell et Karl Battams du laboratoire de recherche naval américain, a réussi à la suivre grâce aux satellites d’observation solaire tels que STEREO-A, SOHO et GOES-19. Ces observations en temps réel ont révélé une augmentation de luminosité non seulement attendue lors de l’approche solaire, mais doublant la vitesse initialement prévue.

Les données indiquent que sa luminosité augmentait proportionnellement à la distance héliocentrique, élevée à la puissance 7,5, un paramètre qui la place hors des modèles connus. Comme le soulignent Zhang et Battams dans une prépublication scientifique en attente d’examen par les pairs :

« La raison de l’augmentation rapide de la luminosité de cette comète reste floue. »

Qicheng Zhang et Karl Battams

Pour les comètes classiques, l’augmentation de la luminosité est progressive, causée par la chaleur solaire qui fait fondre la glace en gaz, générant une traînée lumineuse. La rapidité du processus observé chez 3I/ATLAS suggère des mécanismes internes différents.

Un éclat bleuté

La comète 3I/ATLAS observée par le télescope Hubble. Crédit : NASA
Le télescope Hubble a capturé une image de la comète interstellaire 3I/ATLAS en juillet. Crédit : NASA

Les images obtenues par les satellites révèlent un éclat d’un bleu intense, contrastant avec la teinte dorée habituelle des corps célestes réfléchissant la lumière solaire. Ce bleu suggère que sa luminosité provient autant des gaz émis que de la poussière. Les observations antérieures avaient montré une teinte rougeâtre de la poussière de 3I/ATLAS, indiquant une surface en rapide évolution. Le passage à un bleu vif pourrait être attribué à la libération de composés comme le cyanogène ou l’ammoniac, dont la sublimation (passage direct de l’état solide à gazeux) produit cette lumière froide.

Le satellite GOES-19 a détecté un large nuage de gaz et de poussière entourant la comète, une sorte de « coma » ou « atmosphère » formée par le réchauffement solaire. Ce nuage, témoignant d’une activité intense, a rendu la comète visible aux télescopes amateurs lors de son passage le plus proche du Soleil.

Un aspect particulièrement surprenant pour les astronomes est que la comète continue de rejeter du dioxyde de carbone, alors qu’à ce stade de son approche du Soleil, on s’attendrait majoritairement à de la vapeur d’eau. Cela laisse supposer que son intérieur pourrait différer significativement de celui des comètes de notre système solaire.

Cicatrices cosmiques

Une étude complémentaire, basée sur les observations du télescope spatial James Webb, suggère que la surface de 3I/ATLAS serait altérée par les rayons cosmiques depuis des milliards d’années. Selon Romain Maggiolo, de l’Institut royal d’aéronomie spatiale de Belgique, ces rayons auraient transformé le monoxyde de carbone en dioxyde de carbone sur une profondeur pouvant atteindre 20 mètres. Cette hypothèse implique que la comète ne conserverait plus sa matière d’origine, mais porterait les stigmates chimiques de son long périple galactique.

Ce qui reste à découvrir

Actuellement, 3I/ATLAS file à plus de 210 000 kilomètres par heure sur une trajectoire quasi rectiligne. Les astronomes estiment qu’elle pourrait être l’une des plus anciennes comètes jamais observées, s’étant formée potentiellement des milliards d’années avant notre système solaire.

Maintenant qu’elle a réapparu après son passage derrière le Soleil, les télescopes terrestres pourront la suivre entre novembre et décembre. Parallèlement, la mission JUICE de l’Agence spatiale européenne, en route vers Jupiter, profitera de sa trajectoire pour l’observer depuis l’espace. Le point de rapprochement le plus significatif aura lieu le 4 novembre, lorsque la sonde se trouvera à environ 64 millions de kilomètres de la comète.

Les résultats de ces observations ne seront connus qu’en février 2026, en raison de la lenteur de transmission des données. D’ici là, 3I/ATLAS demeurera une énigme cosmique.

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