Home International La Corée du Nord exécute des adolescents qui regardaient Squid Game et écoutaient de la K-Pop

La Corée du Nord exécute des adolescents qui regardaient Squid Game et écoutaient de la K-Pop

0 comments 69 views

Des exécutions publiques liées à la consommation de divertissements sud-coréens, dont la série à succès Squid Game et la musique K-pop, se multiplient en Corée du Nord, révèlent des témoignages accablants recueillis par Amnesty International. Ces pratiques, qui s’intensifient depuis l’adoption d’une loi répressive en 2020, illustrent la volonté du régime de Pyongyang d’éradiquer toute influence extérieure.

L’organisation de défense des droits de l’homme a publié des informations issues de 25 entretiens approfondis avec des Nord-Coréens, dont 11 ayant réussi à fuir le pays entre 2009 et 2020. La plupart des personnes interrogées avaient entre 15 et 25 ans au moment de leur départ. Ces témoignages décrivent un système de punitions sévères, allant de l’humiliation publique à la peine de mort, pour avoir consommé des médias étrangers.

Un témoin a rapporté avoir appris, par l’intermédiaire d’un évadé ayant des liens familiaux, que des exécutions avaient eu lieu dans la province de Yanggang, près de la frontière chinoise, pour avoir regardé Squid Game. Une autre exécution pour diffusion de la série avait déjà été documentée en 2021 dans la province du Hamgyong du Nord. Amnesty International estime que ces rapports suggèrent l’existence d’exécutions multiples liées à ce type de consommation.

L’écoute de musique étrangère, en particulier de K-pop, est également sévèrement réprimée. Le groupe BTS est fréquemment cité dans les témoignages. En 2021, un groupe d’adolescents aurait été soumis à une enquête dans la province de Pyongan du Sud, près de Pyongyang, pour avoir écouté les chansons du groupe sud-coréen.

En 2020, la Corée du Nord a adopté la loi sur la pensée et la culture anti-réactionnaires, qui criminalise la consommation de contenu sud-coréen. Cette loi prévoit des peines de travaux forcés de cinq à quinze ans pour le simple fait de regarder ou de posséder des films, des séries ou de la musique sud-coréens. La distribution de grandes quantités de contenu ou l’organisation de visionnages collectifs sont passibles de la peine de mort.

Kim Eunju, 40 ans, a décrit les exécutions publiques comme faisant partie intégrante d’une « éducation idéologique ». « Quand nous avions 16 ou 17 ans, au collège, ils nous emmenaient assister à des exécutions et nous montraient tout », a-t-elle déclaré. « Des gens ont été exécutés pour avoir regardé ou diffusé des médias sud-coréens. C’est une éducation idéologique : si vous regardez, cela pourrait vous arriver aussi. »

Choi Suvin, qui a fui la Corée du Nord en 2019, a également évoqué une exécution publique à Sinuiju en 2017 ou 2018. « Les autorités ont ordonné à tout le monde d’y assister, et des dizaines de milliers d’habitants de la ville de Sinuiju se sont rassemblés pour regarder », a-t-elle témoigné. « Ils exécutent des gens pour nous laver le cerveau et nous endoctriner. » Elle a également souligné que certaines personnes étaient prêtes à vendre leur maison pour éviter les sanctions. « Les gens sont arrêtés pour le même acte, mais la sévérité de la punition dépend entièrement de leur capacité financière. Ceux qui n’ont pas d’argent vendent leur maison pour réunir 5 000 à 10 000 dollars (environ 4 500 à 9 000 euros) afin d’éviter les camps de rééducation. »

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.