Home Sports La Coupe du monde arrive en Amérique. Mais les villes hôtes sont-elles encore sujettes à discussion ?

La Coupe du monde arrive en Amérique. Mais les villes hôtes sont-elles encore sujettes à discussion ?

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Alors que le compte à rebours avant la Coupe du monde de football bat son plein, les menaces de Donald Trump de retirer des villes américaines de l’organisation de l’événement continuent de susciter l’inquiétude. Une question récurrente se pose : l’administration américaine a-t-elle réellement le pouvoir de mener une telle manœuvre ? La FIFA, de son côté, affirme détenir le dernier mot.

Le président américain a récemment intensifié ses avertissements, laissant entendre qu’il était prêt à exclure les villes jugées « dangereuses » par son administration de la liste des hôtes de la Coupe du monde. Boston et Los Angeles figurent parmi les principales villes concernées par ces menaces, la cité californienne étant par ailleurs désignée pour accueillir les Jeux olympiques d’été de 2028.

Cette escalade intervient après que la FIFA a rappelé, plus tôt dans le mois, que ni le président Trump ni son administration ne possédaient l’autorité nécessaire pour retirer un tel événement d’une ville hôte. « C’est le tournoi de la FIFA, c’est la juridiction de la FIFA, et c’est la FIFA qui prend ces décisions », a martelé Victor Montagliani, vice-président de l’instance mondiale du football, lors d’une conférence à Londres le 1er octobre.

Depuis l’été 2024, la FIFA a désigné 11 villes américaines qui co-organiseront le tournoi. Des bureaux satellites ont été établis dans chacune d’elles pour gérer la logistique, des infrastructures de transport aux services de volontariat, en passant par les divers festivals dédiés aux supporters. Une décision de retrait de dernière minute perturberait ainsi des années de planification méticuleuse.

Les conséquences d’un tel revirement, particulièrement après le tirage au sort très attendu de la Coupe du monde le 5 décembre, pourraient être désastreuses sur plusieurs plans.

Un choc économique majeur

L’enjeu est considérable, comme le montrent les retombées économiques anticipées. New York, qui devrait accueillir la demi-finale et la finale, s’attend à un apport touristique, de transport et d’hébergement estimé à 3,3 milliards de dollars (environ 3 milliards d’euros). Los Angeles, pour sa part, pourrait bénéficier d’un coup de pouce économique direct de près de 594 millions de dollars (environ 545 millions d’euros) grâce aux huit matchs qui y sont prévus.

Ces chiffres ne sont que des exemples du boom économique potentiel qui serait anéanti si une ville perdait son statut d’hôte. La FIFA anticipe une véritable « invasion » de fans à travers les États-Unis, le Mexique et le Canada, ayant déjà vendu un million de billets lors de la première phase de prévente.

Logistique et billetterie sous tension

Si un retrait survenait après le tirage au sort, les fédérations nationales seraient confrontées à un casse-tête logistique. Les vols, l’hébergement hôtelier et le transport du matériel devraient être réorganisés en urgence. Les équipes de logistique et d’équipement s’envolent souvent des semaines à l’avance pour préparer le terrain, afin d’assurer aux joueurs les meilleures conditions d’entraînement et de voyage.

L’idée de devoir improviser une telle ampleur de changements représente une source de stress considérable pour les équipes, les joueurs et leurs fédérations, un fardeau qu’ils préféreraient éviter à tout prix.

Le système de billetterie actuel, déjà complexe, pourrait également devenir chaotique. L’incertitude planerait sur la validité des billets déjà achetés, alors que l’avantage d’acheter aux États-Unis réside notamment dans la possibilité de voir un match dans sa ville d’origine grâce à un système de loterie.

Imaginez un supporter bostonien ayant dépensé plus de 1 000 dollars (environ 920 euros) pour assister à un match au Gillette Stadium, pour se voir annoncer que ses billets sont désormais valides à Phoenix, en Arizona, qui aurait récupéré les sept matchs initialement attribués à Boston plus d’un an auparavant. Ou, scénario encore plus extrême, devoir déménager au Canada pour assister à un événement qui n’était auparavant qu’à une demi-heure de route.

Malgré ces scénarios qui peuvent sembler rocambolesques, aucune option n’est exclue. Le seul véritable rayon de lumière dans cette affaire réside dans les relations apparemment cordiales entre la FIFA et les instances politiques. Gianni Infantino, président de la FIFA, a rencontré à plusieurs reprises la Maison Blanche depuis l’attribution du tournoi à l’Amérique du Nord, suggérant une capacité de lobbying qui pourrait, espérons-le, dissuader Donald Trump de mettre ses menaces à exécution.

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