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La Coupe du monde la plus sale de l’histoire ; ils vont brûler le ciel

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Publié le 2025-10-25 11:51:00. La Coupe du Monde de la FIFA 2026 s’annonce comme un événement sportif d’envergure mondiale, mais aussi comme la compétition la plus polluante de l’histoire, en raison notamment de l’empreinte carbone générée par les déplacements aériens massifs.

  • Un rapport scientifique estime que le tournoi pourrait émettre jusqu’à neuf millions de tonnes de dioxyde de carbone.
  • L’expansion de la compétition à 48 équipes et 104 matchs multipliera les déplacements et la pression environnementale.
  • La FIFA s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040, mais le rapport souligne l’absence d’un plan d’action concret.

Les organisateurs de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 font face à un défi environnemental majeur. Avec des milliers de vols reliant 16 villes réparties sur trois pays nord-américains (États-Unis, Canada et Mexique), la compétition, présentée comme une « célébration mondiale », est également décrite par des experts comme potentiellement la « compétition sportive la plus polluante de l’histoire ». Un rapport alarmant, préparé par des scientifiques et des organisations environnementales, estime que le tournoi générera plus de gaz à effet de serre que toute autre compétition enregistrée, projetant une empreinte carbone s’élevant à neuf millions de tonnes de dioxyde de carbone.

Le modèle logistique de l’événement est au cœur du problème. L’absence d’un réseau ferroviaire reliant les sites principaux et d’un système de transport public suffisant pour absorber la demande exacerbe la dépendance aux transports aériens. « Les voyages, notamment aériens, représentent l’empreinte carbone la plus préoccupante », explique Álvaro Zavala, spécialiste du développement durable et directeur de Mexico for Climate. « Chaque personne qui prend l’avion, séjourne ou consomme dans les stades a un impact négatif. L’idéal serait d’inverser cet effet et que chaque voyageur apporte quelque chose de positif : visiter une entreprise durable, ramasser les déchets ou soutenir une cause locale. »

L’expansion de la Coupe du Monde à 48 sélections, portant le nombre de matchs à 104, accentuera inévitablement les déplacements, la consommation d’énergie et la pression environnementale. L’équation commerciale semble ainsi contredire les impératifs climatiques. Il est estimé que huit sites de compétition pourraient être confrontés à des risques liés à la chaleur extrême ou aux inondations, soulignant que l’empreinte carbone de l’événement débute bien avant le coup d’envoi et se prolonge au-delà du match final.

« Lorsque nous voyageons, nous laissons des déchets, nous consommons et nous générons un impact. Du côté du visiteur, on peut agir avec plus de conscience, planifier des voyages qui laissent une marque positive », ajoute Zavala.

La FIFA s’est engagée à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040. Cependant, le rapport prévient qu’il n’existe pas de plan d’action vérifiable pour concrétiser cet objectif. Les promesses, sans mécanismes de contrôle et de suivi, pourraient s’apparenter à du « greenwashing », une pratique visant à donner une image écologique trompeuse. « Le défi est de passer de la conversation à l’action. De nombreuses entreprises annoncent des engagements climatiques sans résultats tangibles. Je ne dis pas que la FIFA le fait, mais sans un plan concret, le message perd de sa crédibilité », déclare le spécialiste.

L’organisation Mexico for Climate a récemment mis en œuvre son propre système de mesure lors d’un forum environnemental, comptabilisant l’ensemble des impacts, depuis les verres recyclés jusqu’à l’inscription des participants venus de New York. « Cela permet de compenser avec des crédits carbone, de préférence au Mexique, pour financer des projets de mangroves, de chinampas ou de jungle. Ainsi, un événement laisse plus que des déchets et du bruit », explique Zavala. Ces compensations pourraient permettre de financer des projets de restauration écologique au Mexique.

La FIFA et son lien avec les entreprises fossiles

Le rapport met également en lumière les liens entre la FIFA et les entreprises du secteur des énergies fossiles. Aramco, la compagnie pétrolière d’État saoudienne, sera l’un des sponsors principaux de la Coupe du Monde 2026. Selon les estimations des organismes consultés, cette seule alliance pourrait générer des dizaines de millions de tonnes de carbone supplémentaires, du fait de la multiplication des publicités et des opérations associées.

Cependant, Álvaro Zavala considère que cette relation pourrait potentiellement évoluer vers une dynamique constructive. « Je ne vois pas une erreur dans le fait de s’associer à des pays comme l’Arabie saoudite, mais plutôt une opportunité. Si la FIFA adopte des normes de durabilité plus strictes, elle pourra influencer ses partenaires et accélérer la transition. Nous venons tous du pétrole, l’important est de savoir comment nous évoluons. »

L’expert estime que l’intégration de critères écologiques pourrait augmenter les coûts d’organisation jusqu’à 35 %, mais il existe selon lui des modèles viables. « La Formule 1 a mis en œuvre des solutions naturelles. Lors du Grand Prix du Mexique, chaque participant recevra un papillon avec du papier de graines pouvant être planté, encourageant ainsi la participation citoyenne à la restauration des espaces verts. Ce n’était pas une initiative du gouvernement, c’était une mesure de la FIA. C’est le genre de lignes directrices dont nous avons besoin pour tous les événements de masse. »

La Coupe du Monde 2026 sera ainsi un miroir des défis planétaires : des buts marqués dans des stades pleins, mais aussi un ciel potentiellement saturé et des villes confrontées à des climats extrêmes. Des villes comme Monterrey et Houston pourraient connaître des températures supérieures à 30°C, tandis que le Hard Rock Stadium de Miami risque d’être inondé par les ouragans en été. Des investissements sont nécessaires : 171 millions de dollars sont requis dans six stades pour éviter les urgences liées à la chaleur.

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