Publié le 2024-06-15 12:00:00. Le Parlement letton a voté pour le retrait de son pays de la Convention d’Istanbul, un traité international visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes. La décision, si elle est entérinée par le président, ferait de la Lettonie le premier État membre de l’UE à quitter cette convention.
- Le vote, initié par un parti d’opposition de droite, a été soutenu par le deuxième plus grand parti de la coalition gouvernementale.
- Les opposants à la convention invoquent une « idéologie de genre du féminisme radical » et dénoncent un « marketing politique ».
- Les organisations de défense des droits des femmes et une partie de la population ont vivement critiqué cette décision.
La Lettonie pourrait devenir le premier pays de l’Union européenne à se retirer de la Convention d’Istanbul, un texte international adopté en 2011 par le Conseil de l’Europe. Ce traité a pour objectif la prévention et l’éradication de la violence domestique et de la violence à l’égard des femmes, en protégeant les victimes et en poursuivant les auteurs d’infractions.
La proposition de sortie a été lancée par le Premier Parti de Lettonie (Latvijas Pirmā Partija), une formation de droite. L’Association des Verts et des Paysans, second parti de la coalition au pouvoir, s’est jointe au vote de l’opposition, permettant ainsi l’adoption de la mesure. Le parti du Premier ministre Evika Siliņa n’a pas soutenu cette initiative.
Les partisans du retrait avancent que la convention repose sur une « idéologie de genre du féminisme radical ». Ils estiment que sa ratification initiale relevait davantage du « marketing politique » que d’une réelle volonté de lutter contre la violence. Cette position a été fermement condamnée par les organisations de défense des droits humains en Lettonie, qui craignent une atteinte aux droits des femmes.
La veille du vote, une manifestation rassemblant environ cinq mille personnes s’est tenue devant le Parlement. Les pancartes brandies par les manifestants proclamaient des messages tels que « Ne touchez pas à la Convention d’Istanbul » et « La Lettonie n’est pas la Russie », exprimant ainsi leur opposition à la sortie du pays.
La Hongrie, de son côté, n’a jamais ratifié la convention. En 2019, Judit Varga, alors secrétaire d’État aux Affaires européennes et future ministre de la Justice, avait qualifié la Convention d’Istanbul d' »hystérie politique » concernant le refus de ratification de la Hongrie.