Home International La lutte d’une famille vénézuélienne pour retrouver un officier disparu il y a plus de sept ans du palais de Miraflores

La lutte d’une famille vénézuélienne pour retrouver un officier disparu il y a plus de sept ans du palais de Miraflores

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Publié le 8 février 2024 17h40. La disparition forcée d’un ancien lieutenant-colonel de la Garde d’honneur présidentielle vénézuélienne, réapparue dans une liste de militaires sanctionnés, relance les inquiétudes concernant les violations des droits de l’homme et les crimes contre l’humanité commis sous le régime de Nicolás Maduro.

  • Juan Antonio Hurtado Campos, responsable d’un arsenal important, a été arrêté en 2018 après une tentative d’assassinat contre Maduro.
  • Sa famille n’a plus de nouvelles de lui depuis son arrestation par le DGCIM (Direction générale du contre-espionnage militaire).
  • Le nom de Hurtado figure sur une liste de 33 militaires expulsés et rétrogradés, publiée en janvier 2024, sans que sa famille ne sache où il se trouve.

L’affaire de Juan Antonio Hurtado Campos met en lumière la persistance des disparitions forcées au Venezuela, un phénomène dénoncé par les organisations de défense des droits de l’homme comme constituant un crime contre l’humanité. Sa famille, qui recherche activement des réponses depuis huit ans, se heurte au silence des institutions vénézuéliennes.

Selon sa sœur, Dora Hurtado, l’officier était en congé lorsqu’a eu lieu la tentative d’assassinat contre Nicolás Maduro, le 4 août 2018, lors de la commémoration de la Journée de la Garde nationale, un événement connu sous le nom d’Affaire des drones du 4 août 2018. Quelques mois auparavant, Hurtado était revenu d’une mission en Russie.

Le 4 septembre 2018, à son retour au Palais de Miraflores, il a été arrêté par le DGCIM (Direction générale du contre-espionnage militaire). Depuis, sa famille n’a plus eu de contact avec lui. Sa mère, Juana Campos, s’est rendue sur son lieu de travail et a demandé à parler à son supérieur hiérarchique. Elle a été reçue par un homme en civil qui s’est identifié comme le colonel (Ex) Rubén Coronel, lequel lui a affirmé ne pas avoir d’informations sur le lieu où se trouvait son fils.

Malgré ses tentatives auprès du Ministère Public, du CICPC (Corps d’Enquêtes Scientifiques Criminelles et Criminalistiques) et du Parquet général militaire, la famille n’a pu obtenir aucune information sur l’affaire.

Des amis et des membres de la famille ont visité plusieurs prisons, notamment L’Héliçoïde, la prison militaire de Ramo Verde et Le Rodéo I, mais n’ont trouvé aucune trace de Hurtado.

En juillet 2023, le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), dirigé par Volker Türk, a exprimé sa préoccupation face au manque de progrès dans les enquêtes sur les allégations de disparitions forcées concernant le lieutenant-colonel Juan Antonio Hurtado Campos (2018) et Hugo Henrique Marino Salas (2019).

En janvier 2024, le ministre de la Défense, GJ (Ej) Vladimir Padrino López, a publié une liste de 33 militaires rétrogradés et expulsés de la FANB (Force armée nationale bolivarienne), incluant le lieutenant-colonel Juan Antonio Hurtado Campos. La famille, surprise par cette annonce, déplore toujours l’absence de nouvelles de l’officier et ignore les conditions dans lesquelles il se trouve.

Des témoignages, notamment celui du sergent-chef (Ex) Gustavo Enrique Graterol Torrealba, qui a servi neuf ans au sein de la Garde d’honneur présidentielle, révèlent que Hurtado Campos était responsable d’un arsenal de plus de 500 armes, comprenant des fusils, des grenades, des missiles et des systèmes anti-drones. Selon Graterol, une partie de cet arsenal était destinée à Oscar Alberto Pérez, un ancien policier rebelle tué lors du Massacre de Junquito, le 15 janvier 2018.

Graterol affirme avoir été témoin de l’arrestation arbitraire de Hurtado Campos le 4 septembre 2018 par une commission dirigée par le colonel Alexandre Enrique Granko Arteaga, chef de la Direction des Affaires Spéciales (DAE) du DGCIM. Après cet incident, Graterol a demandé son transfert hors de la Garde d’honneur présidentielle et a déserte la FANB le 17 juin 2018 pour éviter d’être impliqué dans l’affaire.

La sœur de Hurtado, Dora Hurtado, exprime son espoir de voir son frère libéré, ainsi que tous les prisonniers politiques au Venezuela. Elle conclut :

« Depuis janvier, nous avons la foi que Juan Antonio est vivant et c’est pourquoi nous élevons la voix avec l’espoir de la liberté totale de mon frère et de tous les prisonniers politiques. »

Dora Hurtado, sœur de Juan Antonio Hurtado Campos

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