Publié le 12 février 2026. Le copropriétaire de Manchester United, Jim Ratcliffe, suscite une vive controverse après des déclarations sur l’immigration au Royaume-Uni, accusées de faire écho à des discours d’extrême droite et d’alimenter les tensions raciales.
- Des personnalités politiques, des militants et des groupes de supporters ont condamné les propos de Jim Ratcliffe.
- Le milliardaire a affirmé que le Royaume-Uni avait été « colonisé par des immigrants », une formulation jugée incendiaire.
- L’affaire intervient dans un contexte de montée des discours anti-immigration et de préoccupations concernant la sécurité des minorités.
Les déclarations de Jim Ratcliffe, faites lors d’une interview à Sky News diffusée mercredi, ont provoqué une onde de choc. Il avait alors suggéré que « d’énormes niveaux d’immigration » étaient préjudiciables à l’économie britannique. Il a affirmé :
« Vous ne pouvez pas avoir une économie avec neuf millions de personnes bénéficiant d’allocations sociales et un nombre énorme d’immigrants qui arrivent »
Jim Ratcliffe
Ces propos ont immédiatement suscité des réactions indignées. Le Premier ministre a demandé à X (anciennement Twitter) de s’excuser pour ces commentaires jugés « offensants et erronés ». Andy Burnham, maire du Grand Manchester et membre du Parti travailliste, a déclaré sur X jeudi que Ratcliffe devait retirer sa description « inexacte, insultante et incendiaire » des immigrants comme « une force d’invasion hostile ». Il a souligné que les personnes issues de l’immigration, notamment les footballeurs et le personnel du National Health Service (NHS), avaient contribué positivement à la région.
Le ministre de la Justice, Jake Richards, a qualifié les remarques de Ratcliffe d’« absurdes » lors d’une intervention à la BBC. Il a rappelé que le milliardaire avait déménagé à Monaco pour des raisons fiscales, évitant ainsi de payer environ 4 milliards de livres sterling (5,5 milliards de dollars) d’impôts au Royaume-Uni. Il s’est interrogé sur la légitimité de Ratcliffe à commenter cette question.
Cette controverse intervient alors que les manifestations contre la propriété du club de Manchester United se multiplient. Le Manchester United Muslim Supporters Club a exprimé son indignation face à l’utilisation du terme « colonisé », qu’il considère comme un écho aux « récits d’extrême droite qui présentent les migrants comme des envahisseurs et des menaces démographiques ». Le groupe a souligné que de telles rhétoriques ont des conséquences réelles, notamment une augmentation de l’hostilité raciale, en parallèle d’un soutien croissant au parti Reform UK.
Le discours sur l’immigration s’est durci ces dernières années au Royaume-Uni, avec des manifestations devant des hôtels accueillant des demandeurs d’asile et des émeutes en 2024, alimentées par de fausses informations concernant un adolescent accusé d’avoir tué trois jeunes filles. D’autres groupes de supporters, comme le club Rainbow Devils pour les supporters LGBTQ, ont également condamné les propos de Ratcliffe, craignant qu’ils ne causent des « réels dommages » aux communautés minoritaires, y compris de nombreux fans de Manchester United.
Le Manchester United Supporters’ Trust a insisté sur le fait que la direction du club devrait faciliter l’inclusion, et non la rendre plus difficile. Jim Ratcliffe, fondateur du géant chimique Ineos en 1998, a acquis une part minoritaire de Manchester United fin 2023, ce qui avait déjà provoqué la colère des supporters en raison d’une augmentation des prix des billets.