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La Russie déclare avoir bloqué WhatsApp dans un contexte de répression plus large contre les réseaux sociaux

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Publié le 12 février 2026 à 14h38. La Russie a confirmé le blocage de l’application de messagerie WhatsApp, incitant ses citoyens à se tourner vers Max, une alternative développée et soutenue par l’État, dans le cadre d’une stratégie de contrôle accru sur les communications numériques.

  • Le gouvernement russe justifie cette décision par des manquements de WhatsApp à la législation locale.
  • Ce blocage intervient après des restrictions similaires imposées à Telegram, une autre application de messagerie populaire en Russie.
  • WhatsApp dénonce une tentative d’orienter les utilisateurs vers une application de surveillance étatique.

Le Kremlin a annoncé jeudi le blocage de WhatsApp, rejoignant ainsi Facebook, Instagram et X sur la liste des plateformes de réseaux sociaux interdites en Russie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a expliqué que cette mesure faisait suite au refus de la société mère de WhatsApp, Meta, de se conformer à la loi russe.

« Max est une alternative abordable sur le marché pour les citoyens, un messager national en développement. Concernant le blocage de WhatsApp, nos autorités ont effectivement déclaré que la décision avait été prise et mise en œuvre en raison du refus de l’entreprise de se conformer à la loi. »

Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

WhatsApp, qui compte plus de 100 millions d’utilisateurs en Russie, a fermement dénoncé cette décision, la qualifiant d’« un pas en arrière » qui compromet la sécurité et la confidentialité des communications. L’application, appartenant à Meta (META), accuse le gouvernement russe de chercher à forcer les citoyens à utiliser Max, une application de messagerie nationale perçue comme un outil de surveillance.

« Essayer d’isoler plus de 100 millions d’utilisateurs des communications privées et sécurisées est un pas en arrière et ne peut que conduire à moins de sécurité pour les citoyens en Russie. Nous continuons à faire tout notre possible pour garder les utilisateurs connectés. »

WhatsApp, dans un communiqué

Bien que certains utilisateurs russes aient rapporté pouvoir contourner le blocage grâce à l’utilisation de réseaux privés virtuels (VPN), le Kremlin intensifie sa répression contre ces outils. Une loi entrée en vigueur en septembre 2025 interdit la publicité pour les VPN et autres moyens de contournement des restrictions en ligne, et l’accès à 439 services VPN a déjà été limité.

Ce blocage s’inscrit dans une tendance plus large de contrôle accru de l’information et des communications en Russie. En août 2025, l’agence fédérale Roskomnadzor avait déjà annoncé des restrictions sur les appels vidéo et vocaux via WhatsApp et Telegram, officiellement pour lutter contre la criminalité.

Max, préinstallée sur tous les nouveaux appareils vendus en Russie depuis août 2025, est présentée comme une « super-application » à l’image de WeChat en Chine, intégrant messagerie, appels, paiements et services publics. Cependant, des critiques s’inquiètent de ses capacités de suivi excessives et de l’absence de cryptage fort, soulevant des questions sur la protection de la vie privée des utilisateurs.

Parallèlement, le gouvernement russe a justifié la restriction d’accès à Telegram, annoncée mardi, par la nécessité de « protéger les citoyens russes » et a accusé l’application de ne pas bloquer les contenus jugés « criminels et terroristes ». Pavel Durov, le fondateur d’origine russe de Telegram, a réfuté ces accusations, affirmant que Telegram continuerait à défendre la liberté d’expression et la vie privée.

« Telegram défend la liberté d’expression et la vie privée, quelle que soit la pression. »

Pavel Durov, fondateur de Telegram

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