Publié le 7 novembre. La Russie a demandé vendredi des clarifications aux États-Unis concernant des « signaux contradictoires » sur une éventuelle reprise des essais nucléaires, une perspective qui suscite l’inquiétude de Moscou et pourrait mener à des « réponses » de la part d’autres nations.
- La Russie exhorte Washington à clarifier ses intentions après des déclarations du président américain Donald Trump sur la reprise des essais nucléaires.
- Moscou met en garde contre une potentielle escalade et annonce se préparer à d’éventuelles mesures en retour.
- Les incertitudes persistent quant à la nature exacte de ces essais, alors que les deux puissances n’ont pas réalisé d’explosions nucléaires depuis plus de trente ans.
La déclaration russe intervient suite à une ordonnance de Donald Trump, demandant à l’armée américaine de reprendre immédiatement les essais d’armes nucléaires. Cependant, l’ampleur de cette directive n’a pas été précisée, laissant planer le doute sur la distinction entre des essais de missiles à capacité nucléaire et des essais impliquant des explosions nucléaires souterraines. La Russie, qui possède, avec les États-Unis, les plus vastes arsenaux nucléaires mondiaux, a exprimé sa vive préoccupation.
« Si tel est le cas, cela créera une dynamique négative et provoquera des mesures de la part d’autres États, dont la Russie, en réponse », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères. Elle a ajouté : « Pour l’instant, nous constatons que les signaux venant de Washington, qui suscitent une inquiétude justifiée aux quatre coins du monde, restent contradictoires et, bien entendu, la situation réelle doit être clarifiée. »
Face à ce manque de clarté, le président russe Vladimir Poutine a chargé mercredi de hauts responsables de préparer des propositions permettant à la Russie de procéder à son propre essai nucléaire, en guise de réponse potentielle à une action américaine. Des analystes de la sécurité soulignent que la reprise de tels essais par une puissance nucléaire mondiale serait une démarche déstabilisatrice, particulièrement dans le contexte actuel de tensions géopolitiques accrues, notamment la guerre en Ukraine, et pourrait encourager d’autres nations à suivre le même chemin.
Dans ce climat d’incertitude, le dernier traité en vigueur limitant le nombre d’ogives nucléaires stratégiques entre la Russie et les États-Unis, devrait expirer dans trois mois, ravivant les craintes d’une course aux armements. Vladimir Poutine avait proposé que les deux parties maintiennent le respect des limites actuelles pendant encore un an, une proposition à laquelle Donald Trump n’a pas encore officiellement répondu.