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La Russie espère mettre l’Ukraine à genoux

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Publié le 6 février 2026 19:08:00. Des pourparlers sur l’avenir de l’Ukraine, tenus à Abou Dhabi, ont permis un échange de 314 prisonniers de guerre, mais n’ont pas permis de réduire les profondes divergences, notamment concernant le statut du Donbass.

  • Un échange de 314 prisonniers de guerre constitue le principal résultat concret des négociations.
  • La Russie insiste pour que le Donbass soit reconnu comme territoire russe en échange d’un traité de paix, une condition rejetée par l’Ukraine.
  • L’opinion publique ukrainienne se montre de plus en plus sceptique quant à une fin rapide du conflit.

Les discussions de deux jours à Abou Dhabi, qui se sont achevées jeudi, ont permis une avancée notable : le rapatriement de 314 prisonniers de guerre. Il s’agit du premier échange de ce type depuis cinq mois. Cependant, cet accord humanitaire ne masque pas les profondes divisions qui persistent entre Kiev et Moscou, en particulier concernant le statut des régions séparatistes du Donbass.

Selon des sources de l’agence de presse russe Tass, la Russie conditionne toute perspective de paix à la reconnaissance internationale du Donbass comme territoire russe. Une exigence immédiatement rejetée par l’Ukraine. Cette inflexibilité des positions suggère que l’écart entre les deux parties pourrait même s’être creusé lors de ces pourparlers.

Le président Zelensky accueille le Premier ministre polonais Donald Tusk à Kiev, en février 2026.

Ces négociations, qui se sont déroulées aux Émirats arabes unis, font suite à des discussions similaires tenues en janvier, avec la participation de représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis. Bien que les attentes aient été limitées, la simple rencontre directe entre les délégations russe et ukrainienne était considérée comme un signe positif, après une longue période d’absence de dialogue.

Le président Zelensky a indiqué que la prochaine session de négociations pourrait se tenir aux États-Unis.

Le président russe Poutine lors d'une rencontre à Moscou avec l'envoyé américain Steve Witkoff et le gendre de Trump Jared Kushner, en décembre 2025.

La plupart des Ukrainiens restent cependant sceptiques quant à la possibilité d’une paix durable dans un avenir proche. Un sondage récent réalisé par l’institut de sociologie Kyiv International indique qu’en automne dernier, 33 % des personnes interrogées pensaient que la guerre pourrait prendre fin au premier semestre 2026, contre seulement 20 % aujourd’hui.

Ce sentiment de pessimisme se reflète dans les témoignages de nombreux Ukrainiens. À Kiev, la vie quotidienne est marquée par les difficultés liées au froid et aux problèmes d’approvisionnement en services essentiels – eau, chauffage, électricité. Les habitants sont contraints de s’adapter, en faisant par exemple leur lessive la nuit lorsque le courant revient, ou en stockant de l’eau.

« Poutine semble déterminé à mettre l’Ukraine à genoux, probablement avec l’aide de pressions américaines. »

La pause dans les attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, annoncée la semaine dernière, est perçue avec méfiance. Cet arrêt des hostilités sélectif a été annoncé par Donald Trump, mais son contenu est resté flou. Sur le terrain, la Russie a rapidement remplacé les frappes sur les systèmes énergétiques par des attaques contre les transports civils, notamment un train bondé près de Kharkiv et des bus dans les régions de Kherson et de Pavlohrad, faisant de nombreuses victimes.

Les attaques contre les infrastructures énergétiques ont repris lors de la nuit la plus froide de l’hiver à Kiev. Le lendemain, alors que les négociations se déroulaient à Abou Dhabi, un marché à Druzjkivka, près de Kramatorsk, a été frappé par un missile, semant la mort et la destruction.

Poutine semble compter sur la capacité à épuiser l’Ukraine, potentiellement avec le soutien de pressions exercées par les États-Unis. L’attitude fluctuante des Américains est source d’inquiétude et de frustration pour Kiev. En Europe, le président français Macron a dépêché un haut diplomate à Moscou pour tenter de rétablir un canal de communication direct avec la Russie, mais cette initiative a été accueillie avec froideur par Moscou. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié cette démarche de « pathétique ».

En Ukraine, une majorité de la population estime que le pays ne devrait faire aucun compromis sur le Donbass (un sentiment qui reste stable), mais 40 % seraient prêts à l’accepter à contrecœur en échange de garanties de sécurité. Cette ouverture est plus prononcée dans les régions orientales et méridionales du pays.

Le président ukrainien Zelensky et le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte sur le site commémoratif à Kiev pour ceux qui sont morts pendant la guerre.

À Kramatorsk, où je me suis récemment rendu, les habitants ont pris l’habitude de scruter le ciel à la recherche de drones. Ils craignent que la ville, située à seulement un kilomètre et demi du front, ne soit bientôt menacée.

Dans cette guerre d’endurance, celui qui tiendra le plus longtemps aura le dernier mot.

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