La Suède va développer son propre modèle d’intelligence artificielle (IA) spécifiquement entraîné sur la langue et la culture suédoises, une initiative visant à garantir une représentation fidèle des valeurs et des nuances nationales dans les technologies émergentes.
Le Premier ministre Ulf Kristersson a annoncé cette stratégie lors d’une conférence de presse, soulignant la nécessité d’une IA de haute qualité en suédois. « Pour cela, il faut un modèle suédois de haute qualité », a-t-il déclaré.
Ce projet s’inscrit dans la lignée des « grands modèles de langage » (LLM) qui alimentent des outils comme ChatGPT d’OpenAI et Google Gemini. Ces systèmes sont entraînés sur de vastes ensembles de données multilingues, mais le gouvernement suédois estime qu’un modèle local est essentiel pour préserver l’identité culturelle et stratégique du pays.
« Les modèles linguistiques ne sont pas seulement des mots traduits, ils véhiculent également l’histoire, la culture, les traditions, les valeurs, tout ce qui est ancré dans une langue », a expliqué M. Kristersson. Il a ajouté que ces modèles façonnent la manière dont l’information est interprétée et communiquée, faisant d’un modèle local une « capacité stratégique » pour le développement de l’IA en Suède.
Une collaboration entre divers acteurs – représentants du monde des affaires, auteurs, éditeurs, sociétés de médias, instituts de recherche et groupes d’intérêt – a été mise en place pour mener à bien ce projet.
Sara Mazur, directrice de la Fondation Knut et Alice Wallenberg, qui finance le programme WASP (Wallenberg AI, Autonomous Systems and Software) lancé en 2015, a précisé que le nouveau modèle s’appuiera sur les modèles existants. Les travaux débuteront immédiatement et l’achèvement de la phase de « formation » du modèle est prévu pour 2026.
Les auteurs, les éditeurs et les médias d’information suédois se sont engagés à fournir des « données de formation de haute qualité, révisées par la rédaction, qui reflètent les valeurs et les normes suédoises », a indiqué Mme Mazur. « L’objectif est de créer un modèle linguistique qui non seulement parle et écrit le suédois, mais qui comprend également le contexte suédois et puisse communiquer sur cette base », a-t-elle précisé.