Publié le 16 février 2026 à 09h30. Le Real Madrid a fait son retour au sein de l’Association européenne des clubs (AEC), un revirement de situation qui témoigne de l’influence croissante des grands clubs et soulève des questions sur l’avenir de la gouvernance du football européen.
- Le Real Madrid a réintégré l’AEC, marquant un rapprochement inattendu après la tentative de Super Ligue.
- L’AEC renforce sa position de pouvoir au sein du football européen, se positionnant comme une troisième autorité aux côtés de l’UEFA et de la FIFA.
- Des interrogations subsistent quant à la transparence financière de l’AEC et à la répartition réelle du pouvoir au sein de l’UEFA.
Le monde du football européen a été surpris par l’annonce du retour du Real Madrid au sein de l’Association européenne des clubs (AEC). Une décision qui intervient après une période de tensions vives, notamment suite à la tentative avortée de création d’une Super Ligue. Le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, et le président de l’AEC, Nasser Al-Khelaïfi, ont officialisé ce retour, perçu par beaucoup comme une capitulation de Florentino Pérez, le président du Real Madrid, et de son projet de Super Ligue.
Nasser Al-Khelaïfi n’a d’ailleurs pas hésité à afficher son triomphe, déclarant que quiconque penserait que Pérez avait « perdu » était « stupide et ne connaissait absolument rien au football ». Pourtant, cette analyse est peut-être trop simpliste. Pour certains observateurs, la Super Ligue n’était qu’une manifestation d’une ambition plus large des grands clubs : prendre le contrôle du football de club. Une ambition que Pérez et ses alliés semblent désormais avoir atteinte grâce à l’AEC.
Le retour du Real Madrid s’explique en partie par le renforcement des liens entre l’UEFA et l’AEC, suite aux événements de la Super Ligue. Les deux organisations ont même créé une société commune, UC3, pour gérer conjointement la Ligue des champions et les autres compétitions interclubs européennes. Cette collaboration a conféré à l’AEC une influence sans précédent sur la structure du pouvoir du football, la plaçant presque au même niveau que l’UEFA et la FIFA.
Si l’AEC affiche un front uni, des dissensions persistent en coulisses. De nombreux acteurs estiment que ce retour du Real Madrid n’est qu’un accommodement de la dynamique de pouvoir de la Super Ligue, une tentative de « contenir l’incontrôlable ». Cette perception est renforcée par l’augmentation du nombre de membres de l’Union des clubs européens et par les discussions secrètes qui ont eu lieu lors du dernier congrès de l’UEFA.
La nouvelle Ligue des champions est d’ailleurs perçue par certains comme une Super Ligue institutionnalisée, malgré les mesures prises pour préserver l’intérêt des autres clubs. De même, le succès de la Ligue Europa Conférence est remis en question, certains y voyant un moyen de renforcer la stratification financière et de cloisonner une partie du football européen.
L’AEC joue également un rôle central dans la formation du nouveau conseil de la FIFA et de la Coupe du monde des clubs, ce qui inquiète l’UEFA, notamment en ce qui concerne la répartition des revenus. L’AEC met en avant son engagement à verser 250 millions d’euros (217 millions de livres sterling) aux clubs non participants, mais cet engagement est jugé insuffisant par certains.
Un autre sujet de préoccupation concerne le financement de l’AEC par l’UEFA. Des sources s’interrogent sur la transparence de ce financement, qui s’élève à 25 millions d’euros (21,7 millions de livres sterling) par an. Cet argent provient d’un « excédent » des revenus de l’UEFA, mais certains remettent en question cette affirmation. La question de savoir si tous les clubs contribuent équitablement à ce financement est également soulevée.
Le cœur du problème réside dans le manque de transparence et dans les changements de pouvoir en cours dans le football moderne. Certains estiment que cet argent pourrait être mieux utilisé pour soutenir les clubs plus modestes ou les projets de base. Au lieu de cela, il est canalisé vers un organisme qui est passé d’un groupe de pression à un organisateur de compétitions, prenant le contrôle du jeu de club.
L’avenir du football européen reste incertain. La question de savoir si la Super Ligue finira par voir le jour reste ouverte. La répartition du pouvoir entre l’UEFA et l’AEC, ainsi que l’impact de la Coupe du monde des clubs, sont autant de facteurs qui pourraient influencer l’évolution du jeu. Plusieurs sources estiment que le Real Madrid « sent que quelque chose est en préparation » et que la Ligue des champions pourrait subir de nouvelles modifications, voire être divisée en deux conférences.
Il est clair que le football européen a besoin de plus de transparence, notamment en ce qui concerne la répartition réelle du pouvoir entre l’UEFA et l’AEC. Seul un dialogue ouvert et constructif permettra de garantir un avenir équitable et durable pour tous les acteurs du jeu.