Publié le 2025-10-06 17:31:00. Le biopic « The Smashing Machine » plonge dans la vie tumultueuse du champion de MMA Mark Kerr, incarné par Dwayne Johnson, explorant sa lutte contre la douleur chronique, la dépendance et les démons personnels qui ont marqué sa carrière légendaire.
- Le film « The Smashing Machine », réalisé par Benny Safdie, retrace le parcours de Mark Kerr, surnommé « The Smashing Machine », pionnier des arts martiaux mixtes (MMA) et ancien champion.
- Dwayne Johnson livre une performance nuancée dans le rôle de Kerr, confronté à des blessures chroniques, une dépendance aux opioïdes et les tensions dans sa relation avec sa compagne Dawn Staples, interprétée par Emily Blunt.
- Le film adopte un style « vérité » saisissant, plongeant le spectateur dans la brutalité du sport et les fragilités humaines des athlètes, à l’instar de « The Wrestler » de Darren Aronofsky.
Avant chaque combat, la question qui taraude le champion de MMA Mark Kerr est la suivante : « Vais-je lui faire du mal avant qu’il ne me fasse du mal ? » Cette agressivité, il l’a forgée tôt. Né à Toledo, dans l’Ohio, d’un père irlandais et d’une mère portoricaine, le jeune Kerr était un fervent admirateur de la World Wrestling Federation (WWF). Son talent pour la lutte s’est révélé dès le lycée, où il a remporté le championnat d’État, avant de briller à l’Université de Syracuse, décrochant une médaille d’argent aux Jeux Panaméricains de 1995.
Son passé de lutteur amateur s’est avéré un atout précieux lorsqu’il s’est tourné vers les arts martiaux mixtes (MMA). Kerr est devenu une figure emblématique de ce sport hybride, mêlant sports de frappe, lutte et autres disciplines de combat, ouvrant la voie aux futures stars de l’Ultimate Fighting Championship (UFC). Son style de combat dévastateur lui a valu le surnom de « The Smashing Machine ».
Le film biographique « The Smashing Machine », écrit et réalisé par le cinéaste indépendant Benny Safdie (connu pour « Uncut Gems »), dépeint les sommets et les bas de la carrière de Kerr, interprété par Dwayne « The Rock » Johnson. À ses côtés, Emily Blunt incarne sa petite amie Dawn Staples, tandis que Ryan Bader joue son ami et collègue Mark Coleman, et que Bas Rutten, champion de MMA, prête ses traits à son entraîneur.
La renommée de Kerr a attiré des fans du monde entier, particulièrement au Japon, terreau fertile pour les arts martiaux. Cependant, ses victoires ont eu un coût. La douleur chronique engendrée par d’innombrables blessures a rendu le recours aux antidouleurs quasi systématique, leur efficacité s’apparentant parfois à celle d’un simple remède contre la toux. Cette souffrance physique a été apaisée par des stupéfiants, des drogues qui ont commencé à altérer la personnalité de Kerr et à creuser un fossé entre lui et Dawn.
Leur relation, jadis idyllique, se retrouve éclipsée par des disputes houleuses et des fêtes décousues. Dans une scène particulièrement révélatrice, Dawn tente d’exprimer son besoin de connexion, mais Kerr, exaspéré et concentré sur sa préparation, la rejette : « C’est toujours à propos de toi. Seulement à propos de toi ! » Cette dynamique illustre la difficulté pour Kerr de concilier sa vie privée et les exigences brutales de sa carrière.
Le scénario de Safdie explore les recoins sombres du monde du MMA, dévoilant les coulisses d’un sport spectaculaire mais exigeant. Le film adopte un style « vérité », proche du documentaire, rappelant « The Wrestler » de Darren Aronofsky. La caméra, souvent proche des personnages, restitue une intimité palpable, tandis que les décors, des vestiaires aux arènes, sonnent juste. Les costumes d’Heidi Bivens soulignent la personnalité des protagonistes, qu’ils soient en tenue de gala ou de combat.
Dwayne Johnson livre une performance remarquable, transcendant son statut d’ancienne star du catch pour incarner un personnage complexe, loin du héros infaillible. Il parvient à rendre avec justesse les fragilités de Kerr, un champion brisé qui cherche à survivre à ses blessures physiques et émotionnelles. Emily Blunt brille également, transformant son personnage de Dawn en une compagne tantôt dévouée, tantôt égocentrique, naviguant avec brio entre bonheur, peur, tristesse et colère. Ryan Bader surprend par la profondeur qu’il confère à son rôle de Mark Coleman.
« The Smashing Machine » se présente comme un film sportif captivant, différent des récits plus édifiants comme « Rocky » ou « Creed ». Il expose sans fard les hauts et les bas d’une carrière, plongeant sans concession dans le monde de la dépendance. Le message final est clair : on peut extraire un combattant du ring, mais on ne peut pas lui retirer sa combativité intérieure, une leçon portée avec force par la réalisation, l’interprétation et l’ensemble de l’équipe.