Home International L’album Wuthering Heights de Charli XCX est percutant, dingue et meilleur que Brat – The Irish Times

L’album Wuthering Heights de Charli XCX est percutant, dingue et meilleur que Brat – The Irish Times

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Publié le 13 février 2026 à 13h35. Avec « Les Hauts de Hurlevent », sa bande originale pour le nouveau film d’Emerald Fennell, Charli XCX se révèle plus fascinante que jamais, explorant des territoires sonores sombres et introspectifs qui tranchent avec le succès mitigé de son dernier album, « Brat ».

  • L’album s’éloigne des ambitions pop grand public pour embrasser une esthétique expérimentale et atmosphérique.
  • Il explore les thèmes de la notoriété, de l’identité et de la vulnérabilité à travers des compositions intimes et émotionnelles.
  • La collaboration avec John Cale et Sky Ferreira apporte une dimension supplémentaire à l’univers sonore de l’artiste.

Le souvenir d’une performance décevante au château de Malahide, près de Dublin, en juin dernier, hante encore l’esprit de certains fans de Charli XCX. Un spectacle où la palette de couleurs vive de « Brat » semblait ironiquement détonner avec une énergie sur scène en berne. Ce contraste frappant avec son concert électrisant aux 3Olympia en 2022, où elle semblait incarner pleinement son statut de superstar, résonne étrangement dans cette nouvelle œuvre.

« Les Hauts de Hurlevent », fruit de sa collaboration avec la réalisatrice Emerald Fennell, offre une plongée dans un univers sonore sombre et évocateur. Loin des tubes accrocheurs, Charli XCX livre ici un album expérimental qui confirme son statut d’artiste capable de produire son œuvre la plus aboutie lorsqu’elle s’éloigne des sentiers battus. On retrouve des échos de son précédent projet, « Pop 2 » (2017), un disque tout aussi vaporeux et étrange, qui laissait déjà présager cette exploration sonore.

Là où le film d’Emerald Fennell semble privilégier la retenue, avec ses longs plans sur Jacob Elordi et ses cris résonnant dans les landes, l’album de Charli XCX se concentre sur l’intimité et l’introspection. L’introduction, « House », en est un parfait exemple : la voix de Charli, semblable à un hurlement de banshee, se mêle à l’atmosphère mélancolique de John Cale, figure emblématique de la musique celtique, créant un paysage sonore à la fois ancien et moderne.

L’album se déploie comme un mood board musical, oscillant entre ballades puissantes et expérimentations sonores audacieuses. « Wall of Sound » se transforme en une complainte déchirante, où la voix de Charli craque d’émotion sur un fond de cordes tourbillonnantes. « Dying for You » démarre comme un pastiche du célèbre « Video Killed the Radio Star » des Buggles avant de basculer dans une incursion disco pleine d’intensité.

L’ambivalence de Charli XCX face à la célébrité, qu’elle a tant convoitée et finalement atteinte avec « Brat », est également explorée à travers un faux documentaire, « The Moment », sorti en parallèle de l’album. Si l’artiste se montre convaincante dans ce rôle, le consensus général est qu’elle semble hésiter entre l’autodérision et la complaisance face aux absurdités du monde de la musique. Elle incarne une star tiraillée, consciente du caractère artificiel du spectacle, mais incapable de renoncer à ses paillettes.

Heureusement, ces préoccupations semblent s’éloigner sur « Les Hauts de Hurlevent », un disque qui ouvre une porte secrète vers un univers au-delà de « The Moment » et de son égocentrisme. L’album révèle un talent méconnu de Charli XCX : sa capacité à composer des ballades sombres et mélancoliques, comme en témoigne « Always Everywhere », un morceau si puissant qu’il est préférable de l’écouter en plein air, de peur qu’il ne perce le plafond.

Outre la contribution de John Cale, l’album accueille également Sky Ferreira, dont la voix rauque se fond harmonieusement avec celle de Charli XCX sur « Eyes of the World », bien que cette collaboration apparaisse davantage comme une pause contemplative au milieu de la tempête sonore de l’album.

L’album se conclut sur un duo percutant avec « My Reminder », un morceau électro-clash énergique, et « Funny Mouth », une ballade onirique parfaite, ponctuée de cordes et de la voix éthérée de Charli XCX, semblant surgir d’une tourbière. Un album étrange, indéniablement supérieur à « Brat », et presque capable d’effacer le souvenir de sa performance moribonde à Malahide.

Les critiques à l’égard de la version cinématographique des « Hauts de Hurlevent » d’Emerald Fennell ont été mitigées, mais il est peu probable que la bande originale de Charli XCX suscite la même controverse. Critique du film « Les Hauts de Hurlevent »

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