Publié le 13 février 2026 à 22h40. Le chancelier allemand Friedrich Merz a mis en garde contre un risque de fracture profonde entre l’Europe et les États-Unis, soulignant la nécessité d’une coopération transatlantique renforcée face à un monde en pleine mutation et aux incertitudes liées à la politique américaine.
- Friedrich Merz appelle à une revitalisation de la confiance entre l’Europe et les États-Unis.
- Il critique implicitement la rhétorique isolationniste de certains responsables américains, notamment en ce qui concerne l’OTAN.
- Le dirigeant allemand insiste sur l’importance des valeurs communes et de la coopération multilatérale face aux défis mondiaux.
Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé sa vive inquiétude quant à un possible éloignement stratégique entre l’Europe et les États-Unis. Il a averti que les États-Unis pourraient ne plus être en mesure d’agir seuls sur la scène internationale, soulignant ainsi la nécessité d’un partenariat renforcé.
S’adressant à ses « amis » américains en anglais, M. Merz a fait allusion aux doutes exprimés par Donald Trump concernant l’engagement américain envers l’OTAN. Il a insisté sur le fait que l’alliance atlantique représente un avantage stratégique non seulement pour l’Europe, mais également pour les États-Unis. Les interrogations sur l’avenir de l’OTAN persistent alors que l’ancien président américain pourrait à nouveau briguer la présidence.
M. Merz a également dénoncé la fragilisation de l’ordre international fondé sur le droit et les règles, estimant qu’il était « actuellement en train d’être détruit ». Il a fait référence aux propos controversés du vice-président américain JD Vance lors de la conférence de l’année précédente, où celui-ci avait exprimé son inquiétude face à un possible affaiblissement des valeurs fondamentales en Europe.
« La guerre culturelle du mouvement MAGA n’est pas la nôtre. La liberté d’expression s’arrête ici lorsque ce discours va à l’encontre de la dignité humaine et de la constitution. Nous ne croyons pas aux tarifs douaniers et au protectionnisme, mais au libre-échange. »
Friedrich Merz, chancelier allemand
Le dirigeant allemand a clairement cherché à distinguer l’Europe des positions protectionnistes et isolationnistes de l’administration Trump. Il a réaffirmé l’engagement de l’Europe envers les accords sur le climat et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), estimant que les défis mondiaux ne peuvent être relevés que par une action collective. Les États-Unis, sous la présidence Trump, s’étaient retirés de l’OMS le 22 janvier 2021, une décision vivement critiquée par les experts de la santé mondiale. Plus d’informations sur le retrait américain de l’OMS.
La Maison Blanche n’a pas encore commenté les déclarations de M. Merz.
Ces préoccupations font écho à celles exprimées par le Premier ministre canadien Mark Carney lors du Forum économique mondial de Davos en janvier. M. Carney avait alors estimé que l’ancien ordre mondial « ne reviendrait pas » et avait appelé à ne pas le regretter, accusant les grandes puissances d’utiliser la pression économique pour atteindre leurs objectifs et exhortant les puissances moyennes à réagir. Rappel des tensions entre le Canada et les États-Unis.
Le président américain ne sera pas présent à la Conférence de Munich sur la sécurité. Le secrétaire d’État Marco Rubio le représentera et prononcera un discours très attendu. M. Rubio a déjà averti qu’un nouvel ordre géopolitique était en train d’émerger, soulignant la nécessité pour tous les acteurs de reconsidérer leur rôle.
« Le monde change très vite sous nos yeux. Nous vivons dans une nouvelle ère géopolitique, et cela va nous obliger tous à réexaminer à quoi cela ressemble et quel sera notre rôle. »
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
Vendredi après-midi, le Département d’État américain a confirmé une rencontre entre M. Rubio et M. Merz à Munich, après le discours du chancelier allemand. « Ils ont discuté des défis mondiaux urgents, notamment la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, la poursuite des efforts pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine et le renforcement du partenariat entre les États-Unis et l’Europe », a déclaré un porte-parole. « Le secrétaire a exprimé son appréciation pour le ferme soutien de l’Allemagne à l’Ukraine, y compris plus de 76 milliards de dollars d’aide depuis 2022, et a discuté de la poursuite de la coordination des efforts de reconstruction. »