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L’Allemagne rappelle son ambassadeur en Géorgie pour « agitation » anti-UE

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Tensions accrues entre la Géorgie et l’Union européenne : Berlin rappelle son ambassadeur

Berlin a vivement réagi aux récentes escalades diplomatiques en annonçant dimanche le rappel temporaire de son ambassadeur en Géorgie. Cette décision marque une intensification notable des frictions entre le pays du Caucase et l’Union européenne, alimentées par une rhétorique anti-européenne de la part des dirigeants géorgiens.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a justifié ce rappel, invoquant une « campagne menée depuis des mois contre l’UE, l’Allemagne et l’ambassadeur allemand personnellement ». Dans un communiqué diffusé sur la plateforme X, le ministère indique que le chef de la diplomatie allemande a pris la décision de convoquer l’ambassadeur Fischer pour des consultations afin de déterminer les prochaines étapes.

L’ambassadeur Peter Fischer avait fait l’objet de vives critiques de la part de responsables politiques géorgiens, y compris le Premier ministre Irakli Kobakhidze. Dès septembre dernier, M. Kobakhidze avait accusé M. Fischer d’ingérence dans les affaires intérieures du pays et n’avait pas exclu une expulsion. Ces accusations faisaient suite à la présence de l’ambassadeur lors d’audiences judiciaires impliquant des figures de l’opposition. De plus, M. Fischer avait fermement condamné les références jugées inappropriées par Berlin au passé nazi de l’Allemagne, faites par certains médias et personnalités géorgiennes.

« L’Allemagne s’oppose à l’utilisation de termes et de comparaisons liés à l’Allemagne nazie qui sont historiquement, politiquement et moralement erronés, car ils rabaissent les victimes et soulèvent de fausses implications », avait souligné M. Fischer dans une récente publication sur X. Cette déclaration intervenait peu après que M. Kobakhidze ait qualifié une communication de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de « propagande gobbelsienne ». La déclaration de l’OSCE faisait état d’une « détérioration rapide de l’environnement démocratique et des droits de l’homme » en Géorgie.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le parti Rêve géorgien, dirigé par M. Kobakhidze, est régulièrement accusé de recul démocratique et d’un rapprochement avec la Russie, au détriment de la candidature d’adhésion à l’UE, pourtant inscrite dans la constitution du pays. Le parti au pouvoir réfute ces critiques, affirmant œuvrer à la « stabilité » de cette nation de quatre millions d’habitants, tout en dénonçant l’influence d’un « État profond » occidental qui chercherait, avec le soutien de l’opposition, à entraîner la Géorgie dans le conflit en Ukraine. L’Union européenne avait d’ailleurs gelé la candidature d’adhésion de la Géorgie l’an dernier, suite à un vote parlementaire controversé.

À ce stade, Tbilissi n’a pas encore officiellement réagi au rappel de son ambassadeur par Berlin.

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