Home Sciences et technologies L’animation japonaise monte en flèche dans les salles, les investissements dans les films coréens doivent augmenter

L’animation japonaise monte en flèche dans les salles, les investissements dans les films coréens doivent augmenter

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Le cinéma français semble assister à une véritable invasion nippone. Après des semaines de domination, les longs métrages d’animation japonais continuent de battre des records au box-office, reléguant les productions locales au second plan.

« Chainsaw Man: Le Film : Red » s’est hissé en tête du classement pendant trois week-ends consécutifs, franchissant la barre des 2,5 millions de spectateurs en seulement 33 jours après sa sortie. À titre de comparaison, ce succès est arrivé quatre jours plus rapidement que « The First Slam Dunk », sorti en 2022 et qui avait atteint le même seuil de spectateurs cumulés en 37 jours, pour un total final de 4,9 millions de personnes.

L’engouement pour « Chainsaw Man » ne se limite pas à l’Asie, puisque le film a également conquis le marché nord-américain. Le 25 octobre (heure locale), il s’est classé troisième au box-office américain, générant 8,5 millions de dollars (environ 12,2 milliards de KRW) pour sa première semaine d’exploitation dans 3 003 salles.

D’autres productions japonaises s’illustrent avec brio : « Jujutsu Kaisen 0: Le Film » occupe la troisième place du classement, tandis que « Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba : Le Film – Le Train de l’Infini », sorti en août, maintient une présence remarquable en sixième position après plus de deux mois d’exploitation. Avec 5,48 millions de spectateurs et des recettes de 59,2 milliards de KRW, ce dernier a même surpassé le précédent record de ventes détenu par « Suzume no Tojimari » (57,3 milliards de KRW).

« Jujutsu Kaisen 0: Le Film », sorti le 16 octobre, connaît également une progression fulgurante, atteignant des chiffres inhabituels pour une œuvre de cette nature. Les spectateurs se pressent pour découvrir l’histoire de Denji, un jeune homme devenu le redoutable « Chainsaw Man » suite à un pacte avec le démon-tronçonneuse Pochita, et sa rencontre avec Régé. De son côté, « Demon Slayer » plonge le public dans les combats épiques entre chasseurs de démons et démons du sang.

Malgré des récits parfois complexes et éloignés des préoccupations universelles, ces films parviennent à captiver un large public, y compris la génération MZ, friande de dynamisme visuel et de scénarios audacieux. La clef de ce succès réside en partie dans leur origine : la plupart de ces films sont adaptés de mangas originaux extrêmement populaires, comptant des millions d’exemplaires vendus à travers le monde. « Chainsaw Man », par exemple, est issu du manga de Tatsuki Fujimoto, fort de plus de 30 millions de lecteurs cumulés.

Les mangas japonais, autrefois considérés comme un créneau réservé aux amateurs éclairés, ont transcendé cette image pour devenir un phénomène culturel majeur grâce à leur transposition réussie en séries animées et en films. L’univers cohérent de ces œuvres est renforcé par des bandes originales marquantes, des phénomènes de cosplay et la commercialisation de produits dérivés.

En Corée du Sud, l’engouement est tel que 17,3 % des spectateurs privilégient les formats immersifs tels que IMAX, 4D et Dolby Cinema pour vivre pleinement ces expériences. Les investissements massifs de plateformes comme Netflix et Sony Pictures jouent également un rôle déterminant. Netflix a vu le nombre d’animes japonais dans son top 10 coréen plus que quadrupler entre 2021 et aujourd’hui, passant de 5 à 22 titres. Sony Pictures, après le succès de « Demon Slayer », continue de miser sur l’animation japonaise avec « Chainsaw Man ».

Cependant, cette domination de l’animation japonaise soulève des questions quant à la situation du cinéma coréen. La production de films nationaux semble en berne ces dernières années, avec une quasi-absence de succès majeurs, particulièrement lors des périodes de fêtes comme Chuseok ou le Nouvel An. Ce constat appelle à une réflexion collective pour relancer l’industrie cinématographique coréenne et lui permettre de retrouver sa place dans le paysage culturel.

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