Publié le 14 février 2026 à 19h26. Les bombardements russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes plongent des millions de personnes dans l’obscurité et le froid, forçant les autorités à relocaliser les populations les plus vulnérables face à un hiver particulièrement difficile.
- Les infrastructures civiles ukrainiennes sont la cible de bombardements russes intensifiés depuis début janvier.
- Des centaines de milliers de foyers à Kiev sont privés de chauffage depuis plusieurs semaines, avec des coupures d’électricité fréquentes.
- Les services sociaux évacuent les personnes les plus fragiles vers des centres d’hébergement temporaires.
Les banlieues lointaines de Kiev sont plongées dans l’obscurité dès la fin de l’après-midi. Peu de lumières brillent dans les appartements, où l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour, généralement en pleine nuit. Cette situation est le résultat d’une intensification des attaques russes sur les infrastructures civiles depuis le début du mois de janvier.
À Kiev, des centaines d’immeubles sont privés de chauffage depuis deux à trois semaines, ou n’en reçoivent qu’un chauffage insuffisant. Lyudmila, 83 ans, et son petit-fils Roman, 18 ans, sont parmi les habitants les plus touchés. Ils vivent dans un appartement d’une pièce dans l’un des quartiers les plus affectés de la capitale.
« Comme dans la rue, il n’y a pas de chauffage dans la chambre, il n’y a rien du tout. Ils nous ont donné un chauffage au gaz avec des bouteilles de gaz. Et puis ce matelas, ou comment ça s’appelle, un sac de couchage. »
Lyudmila, 83 ans
Les services sociaux ont pris en charge Lyudmila et Roman, les transférant dans un ancien parc de vacances à l’extérieur de Kiev, où sont accueillis les plus démunis. Cette relocalisation, présentée par les autorités comme « temporaire », témoigne de la gravité de la situation. Il est peu probable que Lyudmila et Roman puissent retourner dans leur ancien logement, le propriétaire ayant résilié leur bail.
L’analyste énergétique Denys Sakva souligne que le système énergétique ukrainien est devenu « extrêmement vulnérable ». Il met en garde contre un hiver particulièrement difficile, avec des risques de coupures d’électricité prolongées. Selon lui, les dégâts causés par les bombardements se succèdent à un rythme alarmant, laissant peu de temps pour les réparations.
Les Russes déploient désormais des centaines de drones simultanément pour cibler les dernières lignes du réseau électrique, notamment les transformateurs de 110 kilowatts. Ils s’attaquent également aux centrales thermiques avec des missiles balistiques, certaines ayant déjà été touchées à plusieurs reprises.
Une nouvelle tactique russe consiste à tenter de diviser le pays en deux, séparant l’est et l’ouest par le fleuve Dniepr. Les gros consommateurs industriels se trouvant principalement à l’est, où la capacité de production d’électricité est désormais quasi inexistante, les Ukrainiens sont contraints de transporter l’électricité de l’ouest vers l’est, une liaison que les Russes tentent de couper.
Actuellement, l’énergie nucléaire est la principale source d’énergie en Ukraine, les centrales thermiques au charbon et au gaz étant pour la plupart hors service. Les Russes s’attaquent également aux connexions entre les centrales nucléaires et le réseau électrique, obligeant parfois ces dernières à réduire leur capacité de moitié.
« Aucune centrale électrique en Ukraine n’a été épargnée par les attaques russes. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
S’exprimant lors de la Conférence sur la sécurité de Munich en Allemagne, le président Zelensky a également exprimé son espoir que l’Europe jouerait un rôle plus important dans les négociations de paix, regrettant que les États-Unis semblent privilégier les concessions de l’Ukraine plutôt que de la Russie. Il s’est montré prudent quant aux perspectives d’une avancée décisive lors des négociations prévues à Genève la semaine prochaine, estimant que les parties concernées semblent parfois parler de sujets complètement différents.
Malgré les difficultés, Denys Sakva reste prudentement optimiste, soulignant que le pire du froid semble être passé. Cependant, il prévient que des semaines difficiles restent à venir.