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L’armée affirme avoir pris le contrôle du pays

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Publié le 2025-10-14 16:09:00. Un groupe militaire influent, le Corps d’Administration du Personnel et des Services de l’Armée (CAPSAT), a annoncé ce mardi la suspension de la Constitution et la prise de pouvoir à Madagascar, suite à une vague de manifestations et une crise politique profonde.

  • Le CAPSAT prend le contrôle du gouvernement pour une période transitoire maximale de deux ans.
  • L’Assemblée nationale reste opérationnelle, tandis que le Sénat, la Cour constitutionnelle et la Cour supérieure de justice sont dissous.
  • Cette annonce intervient après le vote de l’Assemblée nationale visant à destituer le président Andry Rajoelina, qui s’est réfugié dans un lieu sûr.

« Nous allons prendre nos responsabilités, nous allons prendre le pouvoir », a déclaré le colonel Michael Randrianirina, chef du CAPSAT, lors d’une conférence de presse au palais présidentiel à Antananarivo. Il a justifié cette décision par des « violations répétées de la Constitution, le non-respect des droits de l’homme et le pillage de la nation ». Un conseil militaire, composé de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police nationale, dirigera le pays et pourra intégrer des civils ultérieurement. Ce conseil aura pour mission de « reconstruire les fondations de la nation » et d’organiser un référendum constitutionnel dans un délai de deux ans.

La décision du CAPSAT fait suite à un mouvement de l’Assemblée nationale qui a voté majoritairement pour la destitution du président Andry Rajoelina. La séance, qui a vu 130 députés sur 131 présents voter en faveur de la déchéance, s’est tenue malgré un décret présidentiel dissout la chambre basse quelques heures plus tôt. Le président Rajoelina, qui a affirmé avoir fui vers un lieu sûr pour préserver sa vie, n’a pas précisé sa localisation. Le vice-président de l’Assemblée, Siteny Randrianasoloniaiko, a contesté la validité juridique du décret présidentiel, arguant de l’absence du sceau officiel et de la signature du président.

Le dimanche précédent, la présidence malgache avait déjà dénoncé une tentative de coup d’État, suite au ralliement de groupes de militaires aux milliers de manifestants antigouvernementaux. Ce jour-là, le CAPSAT avait affirmé avoir pris le contrôle des Forces armées. Des unités militaires, à bord de véhicules blindés et après avoir appelé à « désobéir » à tout ordre de tirer sur la population, s’étaient jointes aux manifestations massives à Antananarivo.

Le CAPSAT n’est pas étranger aux bouleversements politiques à Madagascar, ayant déjà joué un rôle dans le coup d’État de 2009 qui avait renversé le président Marc Ravalomanana et permis à Andry Rajoelina d’accéder au pouvoir pour la première fois. Initialement motivées par les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, les manifestations, largement initiées par la jeunesse de la génération Z, ont rapidement pris une tournure anti-régime. Les organisateurs ont rejeté la proposition de dialogue national faite par le président Rajoelina, exigeant sa démission. Ces mobilisations, inspirées par des mouvements similaires observés au Kenya et au Népal, constituent les plus importantes que l’île ait connues ces dernières années.

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