La paralysie budgétaire qui frappe Washington entre dans sa troisième semaine sans aucune perspective d’accord entre la Maison Blanche et le Congrès. Ce blocage, initié le 24 septembre 2025, affecte déjà de nombreux services fédéraux et menace l’emploi de centaines de milliers de fonctionnaires.
Alors que le gouvernement tourne sans financement depuis le mercredi 1er octobre, les démocrates du Sénat refusent de voter un projet de loi de finances temporaire, adopté à la Chambre des représentants, tant qu’un accord n’aura pas été trouvé sur le renouvellement des subventions pour l’assurance maladie. Cette position constitue un rare moment de levier pour le parti d’opposition, habituellement minoritaire face au contrôle total du pouvoir par Donald Trump et ses alliés républicains.
Les conséquences de cette impasse sont déjà palpables. Les services jugés « non critiques » sont suspendus, et des centaines de milliers d’employés du secteur public pourraient ne pas être payés dès le vendredi 10 octobre. Le personnel militaire pourrait, quant à lui, rater son premier chèque le 15 octobre. Donald Trump a d’ailleurs accru la pression en brandissant la menace de licenciements massifs, une mesure inédite qui s’écarte des précédentes fermetures de gouvernement.
Côté républicain, la détermination est affichée. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a demandé à ses membres de ne pas revenir à Washington tant que les démocrates ne céderont pas. De son côté, le chef de la minorité démocrate, Hakeem Jeffries, a accusé les républicains de bloquer toute avancée dans les négociations. « Mike Johnson et les républicains de la Chambre doivent revenir à Washington. Faites votre travail. Les démocrates seront présents », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse dimanche à New York.
Mike Johnson a répliqué, attribuant la responsabilité au chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer. « Nous avons besoin qu’ils allument les lumières pour que tout le monde puisse faire son travail. La Chambre a fait son travail », a-t-il affirmé à NBC. Ce bras de fer a déjà des répercussions concrètes, avec des agences comme l’Agence de protection de l’environnement, l’éducation, le logement, le commerce et le travail les plus durement touchées par les congés forcés, selon le New York Times. Les départements de la Justice, de la Sécurité intérieure, des Anciens combattants, ainsi que le Trésor et le Bureau de la gestion du personnel, semblent moins affectés pour l’instant.
Alors que les membres du Congrès sont rentrés chez eux et qu’aucun pourparler officiel n’est en cours, un sondage de CBS News publié dimanche indique que le public blâme les républicains pour ce blocage. Sur le fond, les démocrates soutiennent que, sans action législative, 24 millions d’Américains verront leurs primes d’assurance maladie doubler l’an prochain dans le cadre de la loi sur les soins de santé « Obamacare », et que quatre millions d’autres perdront complètement leur couverture. Les républicains maintiennent, eux, que le financement des subventions à l’expiration des soins de santé n’a rien à voir avec le maintien du gouvernement ouvert et qu’il peut être traité séparément avant la fin de l’année.
Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche, a indiqué que les licenciements entreraient en vigueur dimanche « si le président décidait que les négociations n’aboutiraient absolument nulle part ». Ce blocage intervient alors que Donald Trump a déjà procédé à une purge significative au sein de l’administration fédérale depuis son second mandat débuté en janvier. Selon le partenariat fédéral pour l’efficacité du gouvernement, une organisation soutenue par le milliardaire Elon Musk, 200 000 postes avaient déjà été supprimés dans la fonction publique avant même le début de cette fermeture.