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L’association de patinage de vitesse poursuit ARD : « Seppelt a failli conduire Pechstein au suicide »

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Publié le 26 février 2026 à 23h50. L’association allemande de patinage de vitesse (DESG) est au cœur d’une vive polémique, accusée de manquements et de tentatives d’intimidation envers la presse, allant jusqu’à engager des poursuites judiciaires contre la chaîne de télévision ARD.

  • Le président de la DESG, Matthias Große, a exclu les journalistes Hajo Seppelt et Jörg Mebus d’une conférence de presse.
  • L’association poursuit ARD pour diffamation suite à un reportage mettant en lumière des irrégularités internes.
  • Matthias Große a vivement critiqué les journalistes, les accusant de nuire à l’image de la DESG et de Claudia Pechstein.

La Deutsche Eisschnelllauf- und Shorttrack-Gemeinschaft (DESG), l’association allemande de patinage de vitesse et de shorttrack, est en pleine tourmente. Matthias Große, son président, a décidé de passer à l’offensive en réponse à un reportage diffusé par ARD début février, dénonçant des problèmes de gestion et un climat de peur au sein de l’organisation. La tension est montée d’un cran lorsque Große a interdit l’accès à une conférence de presse aux journalistes Hajo Seppelt et Jörg Mebus, auteurs du reportage incriminé.

Selon le président de la DESG, les accusations portées par ARD relèvent de la « campagne de dénigrement ». Il a accusé les journalistes de vouloir « mener son association à l’abattoir » et a annoncé qu’il ne partagerait plus la salle d’audience qu’avec eux, faisant référence à la plainte pour diffamation qu’il a déposée contre la chaîne publique. Ses avocats ont envoyé des mises en demeure à WDR (qui fait partie d’ARD), à la société de production du reportage, ainsi qu’à Seppelt et Mebus eux-mêmes.

Les performances décevantes des patineurs de vitesse allemands aux récents Jeux olympiques d’hiver ont exacerbé les critiques. Große a affirmé que le reportage d’ARD avait « ruiné » les Jeux pour l’équipe allemande, allant jusqu’à déclarer que Hajo Seppelt avait failli pousser Claudia Pechstein, sa compagne et quintuple championne olympique, au suicide. Seppelt a suivi de près l’affaire Claudia Pechstein pendant 16 ans, alors que l’athlète contestait une suspension pour dopage qu’elle jugeait injustifiée.

Axel Balkausky, coordinateur sportif d’ARD, a dénoncé cette exclusion de ses journalistes, la qualifiant d’« événement sans précédent » et soulevant des questions sur le soutien financier de l’État et d’autres institutions à la DESG. La DOSB (Deutscher Olympischer Sportbund), le comité national olympique allemand, a également exprimé ses préoccupations, soulignant l’importance du respect de la liberté de la presse par les organisations sportives.

Lors de la conférence de presse, Matthias Große et la trésorière Clarissa Forster ont cherché à réfuter certaines des allégations formulées dans le reportage d’ARD. Ils ont notamment contesté l’existence d’un climat de peur au sein de l’association, affirmant que les exigences de performance ne pouvaient être assimilées à de l’intimidation. Ils ont également précisé les modalités de remboursement des frais de déplacement et de tenue des athlètes, ainsi que la situation financière de la DESG, assurant qu’elle n’avait jamais été au bord de la faillite sous la direction de Große.

Große se défend contre cinq allégations

Allégation 1 : Il y a un climat de peur. Große : « Le climat de peur n’existe pas lorsque l’on exige des performances, mais lorsqu’une femme sans voile est arrêtée en Iran ou lorsqu’un enfant va dans la cour de récréation de Kiev et qu’un drone russe arrive. »

Allégation 2 : les athlètes devraient payer pour les vêtements de l’équipe. Große : « Après un an, les athlètes doivent restituer leurs vêtements. La loi nous interdit de les leur donner. Mais vous avez le choix de les acheter pour 50 euros plus TVA. »

Allégation 3 : les athlètes devraient payer des frais de voyage pouvant aller jusqu’à 2 000 euros. Große : « Aucun athlète qualifié n’a dû payer un centime pour une compétition. Mais : si un athlète veut participer à une compétition cinq jours à l’avance, mais que le sponsor ne paie que trois jours, le déficit de deux jours doit être payé. Les athlètes le font en accord avec nous. Si un athlète veut participer à une compétition pour laquelle il n’est pas qualifié, mais qu’il parvient à se qualifier pour une Coupe du monde, un Championnat d’Europe ou des Jeux olympiques, il n’a rien à payer. »

Frank Dittrich, représentant des sports de compétition, a ajouté : « Un exemple. Huit jours avant le début de la compétition sont couverts, mais les athlètes voulaient dix jours. C’est pourquoi nous l’avons prolongé de 500,99 euros. Les participants actifs ont dû payer cela. » Depuis plusieurs années, les financements ne couvrent plus les cas de vélo car les patineurs de vitesse s’entraînent beaucoup sur le vélo. « Les athlètes d’Erfurt ont réalisé le calendrier nu pour les 150 euros dépensés pour le transport en avion », a déclaré Große.

Allégation 4 : Liquidité douteuse. La trésorière Clarissa Forster : « En 2019, l’association était dans le rouge de 515 000 euros. En 2024, elle était de 145 000 euros de plus, elle a donc réalisé un plus de 660 000 euros en cinq ans. La DESG n’a jamais été en danger d’insolvabilité depuis que M. Große est au pouvoir. Le bailleur de fonds a tout approuvé. nous pouvons le faire. Nous avons tout rendu transparent.

Allégation 5 : Les primes n’avaient pas été payées depuis des années. Taille: « Nous avons même versé de l’argent avant de recevoir les primes de victoire de l’ISU. Aucun athlète n’a dû attendre 730 jours, comme on le prétend. Le paiement moyen en Allemagne par le bureau des impôts est de six à 26 semaines. » Selon les documents, il s’écoulait un délai maximum de 476 jours (2023) entre la réception de l’argent et le paiement au DESG, mais généralement jusqu’à 185 jours.

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