L’Australie s’apprête à légiférer pour obliger les géants du streaming à investir une part significative de leurs revenus dans la production de contenus locaux. Cette nouvelle mesure gouvernementale vise à soutenir la création audiovisuelle australienne et à garantir sa pérennité sur les plateformes numériques.
Le gouvernement travailliste, dirigé par le Premier ministre Anthony Albanese, a annoncé mardi l’introduction de nouvelles lois imposant aux services de diffusion en continu, tels que Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video, d’investir des sommes déterminées dans le contenu australien. Conformément à un communiqué conjoint du ministre des Arts, Tony Burke, et de la ministre des Communications, Anika Wells, ces plateformes devront allouer au minimum 10 % de leurs dépenses totales en Australie, ou 7,5 % de leurs revenus, à de nouvelles séries australiennes, à des programmes pour enfants, des documentaires ainsi qu’à des œuvres artistiques et éducatives.
Jusqu’à présent, l’Australie disposait de quotas de contenu local pour la télévision traditionnelle en clair, mais aucune régulation similaire n’existait pour les services de streaming. Cette absence de cadre réglementaire avait conduit à un déséquilibre, où des plateformes bénéficiant d’un large public australien ne contribuaient pas proportionnellement au développement de l’industrie audiovisuelle du pays.
« Depuis leur introduction en Australie, les services de streaming ont créé des émissions extraordinaires », a souligné Tony Burke. « Cette obligation garantira que ces histoires – nos histoires – continuent d’être produites. » Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de soutenir les industries culturelles nationales face à la domination des acteurs internationaux.
Le projet de mettre en place ces quotas pour les services de diffusion en continu, majoritairement basés aux États-Unis, n’est pas sans soulever des questions quant à ses potentielles répercussions sur les relations commerciales avec Washington. Les médias australiens ont déjà rapporté que cette mesure pourrait créer des frictions diplomatiques, bien que le gouvernement n’ait pas détaillé l’ampleur de ces potentielles tensions.
À ce stade, le gouvernement n’a pas précisé la méthode de calcul des quotas, laissant planer une ambiguïté quant à l’application de ces nouvelles règles : s’agira-t-il de 10 % des dépenses engagées sur le territoire australien ou de 7,5 % des revenus générés par les abonnements australiens ? Les modalités de mise en œuvre seront donc un point clé à surveiller dans les prochains mois.
À retenir
- Les plateformes de streaming devront investir une part minimale de leurs revenus dans le contenu australien.
- L’Australie comble ainsi un vide réglementaire concernant le contenu local sur les services numériques.
- Cette mesure vise à soutenir et à pérenniser la production audiovisuelle nationale.
Contexte
L’Australie appliquait déjà des quotas de contenu local pour la télévision terrestre. Cependant, l’essor fulgurant des plateformes de streaming, comme Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video, a révélé une absence de régulation spécifique à ce secteur. Cette nouvelle législation vise à rééquilibrer la balance et à assurer que les succès mondiaux des plateformes contribuent également à la richesse culturelle australienne.
Ce qui change
Les services de diffusion en continu opérant en Australie seront désormais légalement tenus d’allouer une partie de leurs ressources financières à la création de contenus spécifiquement australiens. Cela inclut des séries inédites, des programmes destinés à la jeunesse, des documentaires et des œuvres d’art et éducatives, reflétant la diversité et l’originalité des productions locales.
Prochaines étapes
Le gouvernement australien devra clarifier les mécanismes de calcul précis des quotas (10 % des dépenses ou 7,5 % des revenus) et le calendrier de mise en œuvre de ces nouvelles obligations. La réaction des plateformes concernées et les éventuelles négociations diplomatiques avec les États-Unis seront également à suivre attentivement.
Chiffres clés
| Pourcentage minimal des dépenses locales à investir | 10 % |
| Pourcentage minimal des revenus à investir | 7,5 % |