Publié le 2023-03-25 18:17:00. La Grèce a dit adieu samedi à Dionysis Savvopoulos, auteur-compositeur-interprète emblématique, lors de funérailles nationales. L’artiste s’est éteint il y a quatre jours à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui un héritage musical et une œuvre marquante.
- Des milliers de Grecs ont rendu un dernier hommage à Dionysis Savvopoulos.
- L’artiste, décédé des suites d’une crise cardiaque après un combat contre le cancer, a été inhumé au cimetière d’Athènes.
- Son parcours artistique, de contestataire à figure acceptée par l’establishment, a été souligné lors des cérémonies.
L’émotion était palpable samedi au premier cimetière d’Athènes où reposent désormais Dionysis Savvopoulos, disparu à l’âge de 80 ans. Ses obsèques, organisées en présence des plus hautes autorités de l’État, ont attiré une foule nombreuse venue saluer la mémoire d’un artiste qui a traversé les décennies et marqué la culture grecque. Après une veillée dans une chapelle de la cathédrale métropolitaine d’Athènes, où des milliers de personnes se sont succédé pour un dernier recueillement, le cortège funèbre s’est dirigé vers le lieu de sépulture, accompagné par des centaines de personnes parcourant près de 2 kilomètres à pied.
Dionysis Savvopoulos avait succombé à une crise cardiaque le 21 mars, quatre jours avant ses funérailles, après avoir lutté contre un cancer diagnostiqué en 2020. Son décès a suscité une vague d’hommages dans tout le pays, saluant un artiste apprécié pour son talent mais aussi pour son indépendance d’esprit, parfois source de controverses.
La présence d’un orchestre de la marine grecque, exécutant des airs solennels, témoignait de l’évolution de la perception de l’artiste. Autrefois figure adulée par la jeunesse contestataire des années 1960 et 1970, souvent perçu comme une « bête noire » par les institutions conservatrices, Savvopoulos a vu son statut évoluer au fil du temps, jusqu’à être reconnu et célébré par le même establishment qu’il avait parfois pris pour cible.
Sa carrière fut marquée par une fidélité à son style unique, un métissage audacieux de rock, de folk-rock, de jazz et de musiques populaires grecques, refusant toute concession aux modes passagères. Fortement engagé politiquement, il n’a jamais hésité à exprimer ses critiques, y compris envers la gauche, comme en témoigne son album de 1989 « The Haircut », dont la pochette le représentait sans barbe et avec de longues mèches, symbolisant une transformation qui n’effaça jamais ses convictions profondes. Certaines de ses prises de position lui ont valu l’hostilité de certains de ses anciens soutiens, mais sa pensée politique, bien que parfois modérée, est restée constante.
Lors des funérailles, le Premier ministre conservateur Kyriakos Mitsotakis a ouvert la série des éloges funèbres. Citant les paroles de la chanson « Messenger Angel » (1972), il a dépeint Savvopoulos comme un « porte-parole de vérités dérangeantes », rappelant :
« S’il n’avait pas de bonnes nouvelles à nous annoncer, mieux valait ne rien nous dire. »
Parmi les personnalités présentes pour rendre hommage à l’artiste figuraient l’ancienne présidente Katerina Sakellaropoulou, des musiciens, des artistes et des personnalités littéraires, certains venus de sa ville natale de Thessalonique, ainsi que l’un de ses petits-fils.