Publié le 14 février 2024 à 02:44:00. L’avocat de Frank Stronach a remis en question la crédibilité d’une plaignante dans le procès pour agression sexuelle intenté contre l’homme d’affaires de 93 ans, suggérant qu’elle avait modifié son témoignage au fil du temps.
- L’avocate de la défense, Leora Shemesh, a accusé la plaignante d’être une « conteuse » et de raconter une histoire incohérente.
- La plaignante maintient que Frank Stronach l’a agressée sexuellement en 1981 dans un appartement torontois.
- Stronach est accusé de 12 chefs d’accusation, dont agression sexuelle et séquestration.
Le procès de Frank Stronach, l’homme d’affaires canadien de 93 ans, a été le théâtre d’échanges tendus alors que l’avocate de la défense, Leora Shemesh, a intensifié son contre-interrogatoire de la première plaignante à témoigner. Shemesh a mis en doute la fiabilité du témoignage de la femme, alléguant des incohérences dans ses déclarations au fil des ans.
« Vous avez rempli des faits et des détails et je vais vous suggérer… que vous êtes une conteuse », a déclaré Shemesh à la plaignante. « Et que vous avez raconté une histoire dans cette salle d’audience et que vous continuez à raconter une histoire à divers médias pour la consommation publique. »
La plaignante a fermement réfuté ces accusations, affirmant qu’elle ne cherchait pas l’attention et qu’elle était certaine des événements qu’elle avait vécus.
« Je sais ce qu’il m’a fait »,
la plaignante
a-t-elle déclaré au tribunal.
Selon le témoignage de la femme, qui a vu son identité protégée par une ordonnance de non-divulgation, elle aurait été agressée sexuellement par Stronach en 1981 dans un appartement de Toronto. Elle a relaté avoir rencontré Stronach et des collègues dans un restaurant pour célébrer son anniversaire, avant d’être agressée sur une piste de danse puis dans une cabine.
L’avocate Shemesh a soulevé des questions sur les détails de l’agression présumée, notamment sur la manière dont Stronach aurait pu commettre les actes dénoncés. Elle a également mis en doute le fait que la plaignante ait réellement travaillé pour Stronach, affirmant que personne ne se souvenait d’elle à l’endroit où elle prétendait avoir été employée.
Stronach est confronté à un total de 12 accusations, dont des accusations historiques de viol et de tentative de viol, des chefs d’accusation qui ont été abrogés en 1983 avec la modification du Code criminel et remplacés par le délit d’agression sexuelle. Le procès, qui se déroule devant un juge seul sous la supervision de la juge Anne Molloy de la Cour supérieure, devrait se poursuivre avec le témoignage d’autres plaignantes.
Par ailleurs, Stronach devra faire face à un procès distinct à Newmarket, en Ontario, plus tard cette année, après que l’affaire ait été divisée en deux procédures. Les allégations proviennent de sept femmes de Toronto et couvrent une période allant de 1977 à 1990, dont une agression présumée survenue dans la banlieue de Scarborough.
Stronach a nié toutes les accusations portées contre lui et a plaidé non coupable. Le procès reprend mardi.

