Le Bangladesh, désormais dirigé par le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) suite à une victoire électorale majeure le 12 février 2026, souhaite renouer avec l’Inde. Cette nouvelle orientation intervient après la chute du gouvernement de Sheikh Hasina, dont le parti, la Ligue Awami, a été largement battu aux urnes.
Dans une interview accordée à PTI le samedi 14 février 2026, Humayun Kabir, conseiller du président du BNP Tarique Rahman, a souligné la nécessité pour l’Inde de reconnaître le nouveau paysage politique bangladais. « Le changement doit venir de la mentalité indienne. Sheikh Hasina et la Ligue Awami n’existent plus dans le Bangladesh d’aujourd’hui. Le peuple a clairement choisi le BNP », a-t-il déclaré.
M. Kabir a appelé à une coopération mutuellement bénéfique entre les deux pays, insistant sur le fait que le Bangladesh et l’Inde, en tant que voisins, doivent travailler ensemble. Il a également exprimé des préoccupations concernant la possibilité que l’ancienne Première ministre, Sheikh Hasina, qui a fui au pays voisin après les troubles d’août 2024, puisse utiliser le territoire indien pour déstabiliser le Bangladesh.
« L’Inde ne doit pas être perçue comme complice d’activités qui portent atteinte à la souveraineté du Bangladesh », a affirmé M. Kabir. « Une fois ce problème résolu, la coopération diplomatique normale pourra reprendre. »
Le gouvernement indien avait déclaré le 26 novembre 2025 qu’il examinait une demande d’extradition de Sheikh Hasina présentée par le gouvernement intérimaire bangladais, réaffirmant son engagement envers la paix, la démocratie et la stabilité au Bangladesh.
Le récent appel téléphonique entre le Premier ministre indien Narendra Modi et Tarique Rahman, au cours duquel M. Modi a invité ce dernier à se rendre en Inde, a été salué par le BNP. M. Kabir a précisé que M. Rahman se concentrerait d’abord sur la consolidation de la situation intérieure avant d’envisager des visites à l’étranger.
« Tarique Rahman se concentrera sur la mise du pays sur la voie de la prospérité et de la sécurité économique. Une fois que les choses se seront stabilisées ici, il assumera des engagements internationaux, y compris une visite en Inde », a-t-il expliqué.
Concernant la politique étrangère du nouveau gouvernement, M. Kabir a indiqué que le Bangladesh adopterait une approche équilibrée face à la concurrence croissante entre l’Inde, la Chine et les États-Unis en Asie du Sud. « Nous négocierons en position de force, avec un mandat fort du peuple. L’intérêt national et le bien-être de notre territoire resteront au centre de notre politique étrangère », a-t-il déclaré. « Nous voulons des relations équilibrées et ne privilégierons aucun pays en particulier. »
M. Kabir a également rejeté les inquiétudes concernant la sécurité des minorités, notamment les hindous, au Bangladesh. Il a affirmé qu’aucune attaque contre les minorités n’avait été signalée, même pendant la période de troubles d’août 2024. Cette affirmation intervient alors que l’Inde avait exprimé des préoccupations concernant des attaques contre les minorités, en particulier après l’assassinat du leader de la jeunesse radicale Sharif Osman Hadi en décembre.
Le BNP a également appelé à une coopération régionale renforcée en matière de lutte contre le terrorisme, notamment par le partage de renseignements. « L’isolement entrave le progrès. Les gouvernements élus doivent échanger des informations et travailler ensemble pour traquer les extrémistes et les terroristes et instaurer la confiance », a déclaré M. Kabir.
Le Bangladesh a invité le Premier ministre Narendra Modi et d’autres dirigeants régionaux à assister à la cérémonie d’investiture de Tarique Rahman, prévue le 17 février.