Home International Le « black-out » partiel de Musk sur son réseau Starlink en Ukraine ébranle complètement l’armée russe | International

Le « black-out » partiel de Musk sur son réseau Starlink en Ukraine ébranle complètement l’armée russe | International

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Publié le 2026-02-06 13:05:00. L’armée russe se retrouve affaiblie sur le front ukrainien après la décision d’Elon Musk de restreindre l’accès à son réseau de satellites Starlink, un outil devenu crucial pour les opérations militaires de Moscou. Cette coupure, saluée par Kiev, intervient alors que des négociations de paix sont en cours à Abou Dhabi.

  • Elon Musk a limité l’accès de l’armée russe au réseau Starlink, perturbant ses communications et l’utilisation de drones.
  • L’Ukraine se prépare à bloquer les terminaux Starlink russes non autorisés, renforçant ainsi son contrôle sur le réseau.
  • La Russie peine à développer une alternative viable à Starlink, malgré des investissements importants dans son propre programme spatial.

L’offensive russe en Ukraine, qui approche de sa quatrième année, subit un revers inattendu avec la désactivation sélective du réseau internet par satellite Starlink pour les forces du Kremlin. Cette mesure, confirmée par Elon Musk lui-même, a provoqué l’indignation de certains commentateurs militaires russes, qui dénoncent une dépendance excessive à la technologie américaine.

Le ministère ukrainien de la Défense a annoncé le 1er février la fin prochaine de la couverture Starlink pour les utilisateurs russes. Pour ce faire, Kiev prépare une liste de terminaux ukrainiens qui seront exclus du marché, afin d’éviter une grande panne de courant et de s’assurer que seuls les équipements autorisés restent opérationnels. Les terminaux russes, acquis via des pays tiers pour contourner les sanctions, se retrouvent désormais hors ligne.

« L’Ukraine et Starlink obtiennent des résultats tangibles contre les drones russes. Prochaine étape : seuls les terminaux autorisés fonctionneront en Ukraine. Enregistrement facile. Vérification rapide. Terminaux non vérifiés : déconnectés. »

Forces armées ukrainiennes, via leur compte sur X

L’armée ukrainienne a remercié Starlink et SpaceX, les entreprises d’Elon Musk, « pour leur coopération et leur soutien proactif ». Musk a confirmé avoir interrompu son soutien aux forces russes, déclarant que « les mesures que nous avons prises pour mettre fin à l’utilisation non autorisée de Starlink par la Russie ont fonctionné » sur son compte X le 1er février dernier.

Cette coupure, réclamée par Kiev depuis des années, intervient en pleine négociation à trois à Abou Dhabi entre les États-Unis, la Russie et l’Ukraine. Bien qu’aucun accord n’ait été annoncé pour l’instant, le gouvernement de Volodymyr Zelensky assure que des progrès ont été réalisés dans la définition « des méthodes de mise en œuvre d’un cessez-le-feu ».

Le réseau Starlink est devenu un outil essentiel pour les deux camps, permettant non seulement aux drones d’opérer en toute autonomie, mais aussi d’assurer une coordination en temps réel entre le front et les centres de commandement. Starlink a également mis en place des mesures pour limiter l’efficacité des drones russes, comme le blocage du réseau si la vitesse de l’appareil dépasse 90 kilomètres par heure pendant deux minutes, réduisant ainsi la précision des drones Shahed utilisés par le Kremlin pour bombarder des infrastructures ukrainiennes, y compris des trains de voyageurs.

Les alternatives pour la Russie sont limitées. Le recours aux télécommunications radio est plus vulnérable aux interférences, tandis que l’utilisation de câbles à fibres optiques dans les drones est restreinte par leur portée. Selon une étude du Centre de recherche sur les câbles à fibres optiques de l’Université des Postes et Télécommunications de Pékin, les forces ukrainiennes (5 %) et russes (10 %) devraient représenter 15 % de ce marché mondial d’ici 2025.

Mikhaïlo Fedorov, le nouveau chef du ministère ukrainien de la Défense, a salué la décision de Musk, affirmant qu’elle donne des « vrais résultats » sur le front. De son côté, Alexander Kots, un correspondant de guerre russe reconnu, a souligné la dépendance de son pays à la technologie d’Elon Musk, admettant que « c’est notre talon d’Achille ».

« C’est notre talon d’Achille. Un commandant m’en a parlé il y a longtemps, en évoquant Starlink. »

Alexander Kots, correspondant de guerre russe

Plusieurs chaînes et blogueurs militaires russes ont fait état de la déconnexion du réseau, reconnaissant l’impact sur les communications. La chaîne Trinádtsati a ainsi annoncé à ses plus de 200 000 abonnés que « les liens Starlink ont ​​été désactivés sur tout le front, adieu ces communications tant vantées de fabrication américaine ». Vladimir Romanov a prévenu ses 140 000 abonnés que Starlink est « déployé sur tout le front », tandis que Roman Alekhin a souligné que « tout cela est très mauvais compte tenu de l’importance des communications sur le front ». Même des sources ukrainiennes ont reconnu des interruptions sporadiques du service.

Starlink est l’une des rares entreprises au monde à proposer l’internet par satellite, avec un réseau de plus de 7 500 appareils en orbite. La Commission fédérale des télécommunications des États-Unis a d’ailleurs donné son accord en janvier pour augmenter ce nombre à 15 000.

La Russie, quant à elle, ne dispose pas d’un système comparable. Le projet alternatif, mené par la société Bureau 1440, prévoyait initialement le déploiement de 640 minisatellites d’ici 2030, mais a ensuite revu ses ambitions à moins de 300. Le programme est aujourd’hui fragilisé par les sanctions et peine à progresser malgré des investissements considérables.

« Starlink est une arme américaine. Cela signifie que la Russie a besoin d’une stratégie de communication dès maintenant (en fait, hier) », a souligné Alekhin, insistant sur le fait que les communications par satellite sont « non pas une technologie parmi d’autres dans cette guerre, mais un avantage militaire ». Il a ajouté que « ne croyez pas que nous parviendrons à un accord avec Musk », appelant à une alternative qui, selon lui, prendra beaucoup de temps à la Russie pour développer.

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