Le Canada a fermé la porte à l’exportation des derniers bélugas du parc Marineland vers la Chine, invoquant le refus de perpétuer leur exploitation à des fins de divertissement. Cette décision intervient alors que le parc lui-même a cessé ses activités en 2024.
La ministre canadienne des Pêches et des Océans, Joanne Thompson, a catégoriquement refusé d’approuver la demande d’exportation des 30 bélugas restants, qui représentent les derniers cétacés encore en captivité au pays. La requête visait le parc d’attractions Chimelong Ocean Kingdom, situé en Chine.
«Je ne pouvais pas, en toute conscience, approuver une exportation qui perpétuerait le traitement infligé à ces bélugas», a déclaré la ministre. Elle a ajouté : «En tant que Canadiens, nous savons que les baleines ont leur place dans l’océan, et non dans des bassins destinés à notre divertissement.»
Ce refus s’inscrit dans un contexte de désamour croissant du public pour les spectacles de cétacés, jugés de plus en plus comme une forme d’exploitation animale. Dans de nombreux pays, les parcs marins sont confrontés à une remise en question de leurs pratiques, le bien-être animal étant au centre des préoccupations.
Selon un décompte de l’agence La Presse canadienne, le parc Marineland a vu mourir 20 de ses cétacés – une orque et 19 bélugas – au cours des six dernières années. Ces décès sont survenus avant que l’entreprise ne sollicite l’autorisation pour transférer ses derniers animaux.
Le parc Chimelong Ocean Park, ouvert il y a plus de dix ans à Zhuhai, sur la côte sud de la Chine, s’était initialement présenté comme le plus grand parc marin du monde. Cependant, l’évolution des mentalités et la sensibilisation accrue à la condition animale ont conduit à une critique généralisée de ce type d’attractions.
En France également, le parc Marineland d’Antibes est au cœur d’une polémique. Suite à sa fermeture en début d’année, le transfert de ses dernières orques suscite des débats intenses, reflétant les mêmes préoccupations quant à l’éthique de la captivité des cétacés.