Home International Le centre de recherche Kasikorn se penche sur un an après les tarifs douaniers de Trump. Le commerce mondial n’est plus ce qu’il était.

Le centre de recherche Kasikorn se penche sur un an après les tarifs douaniers de Trump. Le commerce mondial n’est plus ce qu’il était.

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Publié le 20 février 2026. La politique commerciale isolationniste des États-Unis, initiée par l’administration Trump, continue de remodeler les échanges mondiaux et crée une incertitude persistante, obligeant les pays à revoir leurs stratégies commerciales et à rechercher de nouveaux accords.

  • Les droits de douane américains, initialement ciblés sur la Chine, se sont étendus à de nombreux pays et secteurs.
  • La Chine a détourné ses exportations vers d’autres régions, notamment l’ASEAN, l’Union européenne et l’Afrique, tout en exploitant son contrôle sur les terres rares.
  • La Thaïlande doit accélérer la conclusion d’accords de libre-échange avec l’Union européenne et les États-Unis pour ne pas être désavantagée, en particulier dans le secteur des pierres précieuses et de la bijouterie.

L’annonce de la politique commerciale « America First » par l’ancien président Donald Trump a marqué un tournant dans la politique commerciale américaine, entraînant des ajustements géopolitiques et des remises en question des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les mesures protectionnistes, initialement dirigées contre la Chine, ont progressivement inclus des droits de douane sur les importations en provenance de nombreux pays, touchant divers secteurs économiques.

Au cours de l’année écoulée, l’administration Trump a justifié l’imposition de ces droits de douane par des préoccupations liées à la sécurité nationale et à la concurrence déloyale, invoquant à la fois des droits compensatoires et l’article 232 de la loi américaine. Parallèlement, une politique géopolitique inspirée de la doctrine Monroe a été mise en œuvre, considérant l’Amérique du Nord et du Sud comme une sphère d’influence exclusive des États-Unis. Cette approche s’est traduite par l’imposition de droits de douane de rétorsion par certains pays d’Amérique latine, tandis que le Brésil a été particulièrement touché avec des droits de douane atteignant 50 % pour des raisons politiques.

Cependant, l’impact de la politique « America First » sur le commerce mondial, l’économie mondiale et l’économie américaine s’est avéré moins important que prévu. Ce résultat est en partie dû à la mise en œuvre tardive des mesures (à partir d’août 2025) et à la réaction mesurée de la plupart des pays, qui n’ont pas immédiatement imposé de droits de douane en représailles.

Malgré une baisse d’environ 20 % des exportations chinoises vers les États-Unis, les exportations globales de la Chine ont continué de croître, atteignant un excédent commercial record de 1,2 billion de dollars américains (environ 1 120 milliards d’euros). La Chine a compensé la diminution de ses exportations vers les États-Unis en développant ses échanges avec d’autres régions, notamment l’ASEAN, l’Union européenne et l’Afrique, un phénomène qui pourrait également être lié à des pratiques de transbordement visant à contourner les droits de douane.

La Chine a riposté aux droits de douane américains en exploitant son avantage stratégique dans le domaine des terres rares et des minéraux critiques, dont elle détient un quasi-monopole sur la chaîne d’approvisionnement mondiale. Cette position dominante représente un enjeu majeur pour les États-Unis en termes de stabilité économique et stratégique. En parallèle, les États-Unis ont mis en œuvre l’article 232 pour imposer des droits de douane sur des produits tels que l’acier, l’aluminium, les automobiles, les pièces détachées, les semi-conducteurs, et envisagent d’étendre ces mesures aux médicaments et aux fournitures médicales, dans le but de relocaliser les bases de production et de stimuler l’emploi dans le secteur manufacturier. En conséquence, des entreprises leaders dans divers secteurs, notamment les semi-conducteurs, l’automobile et l’acier, ont annoncé des projets d’investissement accrus aux États-Unis.

Néanmoins, le nombre d’emplois dans le secteur industriel a continué de diminuer au cours de la dernière année, avec seulement quelques industries, comme la transformation des métaux (en particulier l’acier), affichant une croissance de l’emploi.

Plusieurs événements clés en 2026 devraient influencer l’orientation future du commerce mondial :

  • La rencontre entre le président Xi Jinping et Donald Trump en avril.
  • Les décisions de justice concernant la validité de l’utilisation de l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) pour justifier la politique tarifaire américaine.
  • La révision de l’accord USMCA (Accord États-Unis-Mexique-Canada) en juillet.
  • Les élections de mi-mandat aux États-Unis.
  • La fin des relations de représailles tarifaires sino-américaines, prévue pour novembre.

Alors que les États-Unis construisent des barrières commerciales, d’autres pays s’efforcent de renforcer leurs liens économiques. L’Inde, par exemple, pourrait conclure un accord de libre-échange avec l’Union européenne India-EU FTA après plus de 20 ans de négociations, et a également conclu un accord avec les États-Unis, bénéficiant ainsi de la politique « America First ».

Pour la Thaïlande, il est crucial de surveiller l’impact de ces évolutions sur les industries exportatrices concurrençant directement l’Inde sur les marchés américain et européen, en particulier le secteur des pierres précieuses et de la bijouterie. Les produits thaïlandais sont actuellement désavantagés par rapport aux produits indiens en raison de l’absence d’accord de libre-échange avec l’Union européenne. Il est donc impératif pour le gouvernement thaïlandais d’accélérer les négociations et de conclure des accords commerciaux avec l’Union européenne et les États-Unis dans les meilleurs délais.

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