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Le chancelier allemand Friedrich Merz plaide pour une bourse européenne unique

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Publié le 2025-10-16 19:03:00. Le chancelier allemand Friedrich Merz a lancé un appel en faveur d’une place boursière européenne unifiée, marquant un tournant pour l’Allemagne qui se dit désormais prête à soutenir l’intégration des marchés de capitaux de l’Union européenne.

  • Friedrich Merz souhaite une bourse européenne pour retenir les entreprises florissantes, comme les sociétés de biotechnologie allemandes, sur le continent.
  • Cette proposition intervient alors que l’Allemagne s’est engagée à renforcer sa coopération avec la France sur l’Union des marchés de capitaux (UMC) de l’UE.
  • L’Allemagne semble prête à déléguer davantage de pouvoirs de supervision à des instances européennes, une position qui marquait auparavant un frein majeur aux projets d’intégration.

Dans un discours prononcé devant le Bundestag, Friedrich Merz a souligné la nécessité pour l’Allemagne et l’Europe de disposer d’un marché des capitaux suffisamment vaste et profond pour permettre aux entreprises un accès plus aisé et rapide au financement. « Nos entreprises ont besoin d’un marché des capitaux suffisamment large et profond pour pouvoir se financer mieux et surtout plus rapidement », a-t-il déclaré, citant l’exemple des succès allemands dans la biotechnologie qui sont contraints de se tourner vers la Bourse de New York.

Cette prise de position marque une évolution significative de la position allemande. Jusqu’à présent, Berlin se montrait réticent à transférer des pouvoirs de supervision réglementaire à des organes européens, notamment en ce qui concerne la BaFin (l’autorité fédérale de surveillance financière allemande) au profit de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA). Cette réticence avait largement freiné l’avancement de l’Union des marchés de capitaux, un projet visant à harmoniser et à intégrer les marchés financiers au sein de l’UE. D’autres pays comme le Luxembourg et Chypre partageaient également cette défiance envers une supervision centralisée.

L’initiative de Merz s’inscrit dans un contexte de relance de la compétitivité européenne. Le rapport de Mario Draghi, ancien président de la Banque Centrale Européenne, avait déjà mis en lumière l’importance d’une UMC et d’une autorité de supervision unique, à l’instar de la Securities and Exchange Commission (SEC) aux États-Unis, pour permettre à l’Europe de rivaliser avec la Chine et les États-Unis. Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, aurait récemment accepté d’explorer les domaines où une supervision centralisée serait justifiée dans le cadre des discussions franco-allemandes sur l’UMC.

Pour Friedrich Merz, qui a une expérience dans le secteur financier avant son retour en politique, cette poussée vers l’UMC est une étape clé pour revitaliser l’économie allemande, marquée par une stagnation ces trois dernières années. Cette vision semble trouver un écho favorable auprès des acteurs du marché. Stéphane Boujnah, directeur général d’Euronext, la bourse fédérant sept pays de l’UE, a salué la proposition de Merz, affirmant qu’Euronext était « prêt à contribuer au prochain niveau de consolidation des marchés en Europe ». Il a souligné que le transfert de pouvoirs de supervision à l’ESMA permettrait de résoudre la « divergence entre la réglementation et la supervision » et qu’« une avancée décisive vers une supervision unique » était nécessaire.

Deutsche Börse, pour sa part, tout en restant discrète sur les questions de consolidation et de supervision, a reconnu que le système financier européen souffrait d’une « demande insuffisante des investisseurs et d’un degré élevé de fragmentation ».

Dans son discours, prononcé à la veille du prochain sommet européen, Friedrich Merz a plaidé pour une plus grande intégration européenne, une réduction de la réglementation et la mise en œuvre des recommandations de Draghi et d’Enrico Letta, ancien Premier ministre italien, visant à supprimer les obstacles persistants au marché unique européen. Merz a rappelé que le rapport Draghi pointait du doigt une croissance insuffisante de la productivité en Europe comme un facteur majeur de l’écart de croissance avec les États-Unis. « L’Europe ne deviendra plus productive que si elle change profondément », a-t-il martelé.

La France, déjà très active dans la promotion d’une plus grande intégration des marchés de capitaux, soutient qu’une supervision européenne unifiée des infrastructures financières systémiques (bourses, chambres de compensation) établirait des normes communes, réduirait la fragmentation du marché et diminuerait les coûts de mise en conformité pour les opérateurs transfrontaliers. La Commission européenne devrait présenter cette année des propositions visant à renforcer les pouvoirs de l’ESMA dans la surveillance de certaines entités, telles que les chambres de compensation, les dépositaires centraux de titres, les plateformes de négociation et les bourses de cryptomonnaies. Il est toutefois à noter que Berlin reste pour l’instant opposé à une supervision par l’ESMA des cryptomonnaies.

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