Publié le 2025-10-25 15:51:00. Le cinéma historique de Krumbach, fondé après la Seconde Guerre mondiale, rouvre ses portes à l’occasion, offrant une plongée nostalgique dans l’âge d’or du septième art, grâce à ses projecteurs centenaires et son ambiance d’antan.
- Né dans le cinéma familial, Erwin Kerschbaumer perpétue l’héritage paternel en maintenant en vie le cinéma de Krumbach.
- Après une fermeture en 1985 face à la concurrence des téléviseurs et magnétoscopes, le lieu retrouve une seconde jeunesse.
- Les visiteurs peuvent y revivre l’expérience du cinéma d’autrefois, avec ses projecteurs à arc et son charme authentique.
L’histoire du cinéma de Krumbach est intrinsèquement liée à la famille Kerschbaumer. Erwin Kerschbaumer raconte y avoir vu le jour, un étage au-dessus de la salle obscure. Son père, Fritz Kerschbaumer, de retour de la Seconde Guerre mondiale avec une main blessée, nourrit l’ambition d’ouvrir un cinéma. La première salle prend place dans un ancien camp de travail, avant que Fritz n’entame la construction d’un bâtiment dédié en 1952. L’inauguration a lieu en 1953, avec une seule caméra, imposant aux spectateurs de patienter lors du changement de bobine par le projectionniste.
À cette époque, l’engouement pour le cinéma était palpable. Plus de 300 salles prospéraient en Basse-Autriche, offrant aux habitants, marqués par les rigueurs de l’après-guerre, une échappatoire bienvenue, un moment d’évasion dans un monde différent. L’essor se poursuit, et en 1971, Fritz Kerschbaumer acquiert une deuxième salle à Aspang am Wechsel.
Cependant, l’âge d’or prend fin en 1985. L’avènement des téléviseurs et des magnétoscopes sonne le glas pour de nombreuses salles. Le cinéma de Krumbach ferme ses portes, faute de spectateurs. Erwin Kerschbaumer, devenu entre-temps buraliste, n’en délaisse pas pour autant le lieu de son enfance. Il veille sur ce cinéma qu’il a connu et aimé, le considérant comme son propre salon pendant quarante ans.
Aujourd’hui, plus de soixante-dix ans après son ouverture, le cinéma de Krumbach propose une expérience résolument nostalgique. S’asseoir dans ces sièges centenaires, vestiges d’une époque révolue, offre un véritable voyage dans le temps. La salle peut accueillir 185 personnes. Dans la cabine de projection trônent deux projecteurs datant de 1927, qui fonctionnent encore à l’aide de charbon et d’arcs. Leur maintenance exige un savoir-faire technique pointu, comme le souligne le projectionniste Gerhard Laserer : « Il faut être compétent et avoir une expérience technique », explique-t-il, afin d’assurer le bon fonctionnement et la satisfaction du public.
La programmation fait la part belle aux films régionaux et aux classiques. Récemment, le cinéma a projeté « 1er avril 2000 », un film de science-fiction autrichien emblématique, tourné en 1953, l’année même de l’ouverture de la salle. Ce long-métrage imagine une Autriche toujours sous occupation alliée en 2000, luttant pour sa liberté. Des ovnis survolant le château de Schönbrunn aux enjeux de libération, ce classique prend vie sur grand écran, diffusé par des projecteurs approchant le siècle d’existence, offrant ainsi une immersion dans le monde analogique d’antan.