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Le conférencier d’Oxford se remplace par Ai-HE a appris cela

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L’IA, un nouvel enseignant à Oxford ? Un professeur expérimente la création d’un double virtuel pour des cours ultra-personnalisés

Et si une intelligence artificielle pouvait devenir un professeur d’université à part entière, capable d’offrir des enseignements taillés sur mesure ? C’est le pari audacieux qu’a tenté Alex Connock, maître de conférences en médias et IA à la Saïd Business School de l’Université d’Oxford. Dans une tribune, il partage les résultats surprenants d’une auto-expérimentation qui pourrait redéfinir l’avenir de l’éducation.

Quand l’IA devient « Unitutor » : une expérience révélatrice

Passionné par le potentiel des intelligences artificielles, Alex Connock a voulu pousser l’expérience plus loin : demander à une IA de se glisser dans sa propre peau et de concevoir un cours magistral, en se basant exclusivement sur ses travaux antérieurs. Pour ce faire, il a eu recours à ChatGPT, une plateforme spécialement conçue pour le milieu éducatif. L’objectif : que l’agent IA apprenne à le connaître, l’imite et crée du contenu personnalisé.

Le résultat a dépassé ses attentes. Le cours sur les médias et l’IA, élaboré par l’intelligence artificielle, s’est révélé d’une structuration impeccable. Le professeur a même avoué qu’il aurait souhaité l’avoir conçu lui-même. Il décrit l’enseignement comme interactif et stimulant intellectuellement, doté de toutes les qualités d’un tutorat d’excellence à Oxford. L’IA a fait preuve d’une précision remarquable, a fourni des réponses instantanées et a démontré une compréhension approfondie des évolutions rapides dans le domaine des médias et de l’IA.

Alex Connock a particulièrement été marqué par les questions d’ordre philosophique soulevées par le tuteur IA. Dans une section dédiée à l’éthique des personnages non-joueurs (PNJ) dans les jeux vidéo, l’IA a interrogé : « Si les PNJ sont créés par l’IA, qui décide de leur personnalité, de leur passé ou de leur morale ? » La question des biais et des stéréotypes potentiels a également été soulevée. « Je suis ravi que mon agent ait posé ces questions, même si le vrai moi ne les avait pas formulées », a confié le maître de conférences.

Tous les chatbots ne se valent pas : des résultats mitigés

Il ressort de cette expérience que ChatGPT avait accès à l’intégralité des travaux multimédias de Connock, y compris des enregistrements de conférences dont il avait lui-même oublié l’existence. Il faut dire que son éditeur, avec lequel il est sous contrat, a conclu un accord avec OpenAI, qui couvre apparemment également ses ouvrages sur les médias et l’IA. Contrairement à certains auteurs qui expriment des réserves, Alex Connock ne voit aucun inconvénient à ce que ses œuvres soient utilisées pour entraîner les modèles d’IA. Il estime que pour tout auteur ayant accepté ce principe, l’objectif devrait être de rendre ses travaux accessibles à l’IA, un peu comme l’optimisation pour les moteurs de recherche, mais à destination des intelligences artificielles.

Le professeur a également constaté que le tuteur IA allait parfois au-delà de ses propres connaissances. Dans le domaine du cinéma, par exemple, l’IA a mentionné des outils courants tels qu’Adobe After Effects, qu’il avait effectivement abordés dans ses cours. Mais elle a aussi cité Nuke, un logiciel professionnel d’effets visuels utilisé dans des productions majeures comme les films Marvel, une référence totalement inconnue de Connock jusqu’à présent.

L’expérimentation a également révélé des disparités entre les différentes IA testées. Alex Connock a constaté que ses travaux étaient moins représentés dans les données d’entraînement de Deepseek, un chatbot chinois. Il commente avec humour : « À l’ère de l’IA, il n’y a guère d’insulte plus grande que lorsqu’un modèle de langage de premier plan juge que votre livre sur l’IA n’est pas pertinent. » Gemini 2.5 Pro de Google n’a pas non plus convaincu, inventant des détails biographiques sur le professeur. Quant à Grok, l’IA de Xai, elle est allée plus loin en lui attribuant une citation célèbre qui, en réalité, n’était pas de lui, mais du PDG de DeepMind et lauréat du prix Nobel, Demis Hassabis.

L’IA en éducation : un allié, pas un remplaçant

Malgré ces quelques déconvenues, l’expérience d’Alex Connock reste globalement positive. Sa conclusion principale est claire : alors que l’IA occupe une place centrale dans l’éducation, le professeur humain demeure indispensable. C’est lui qui structure l’expérience d’apprentissage, intègre les connaissances dans un cadre conceptuel et favorise les échanges humains. Cependant, l’IA peut constituer un complément précieux, notamment sous la forme d’un soutien individualisé, parfaitement adapté aux besoins de chaque étudiant.

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