Publié le 2025-11-04 11:34:00. La Tanzanie retrouve progressivement son calme après une élection présidentielle entachée de violences et de contestations. Les autorités ont levé le couvre-feu, tandis que l’accès à Internet se rétablit timidement, mais les craintes d’une résurgence des troubles persistent.
- La présidente sortante Samia Suluhu Hassan a été déclarée vainqueur avec 98% des suffrages, un résultat vivement contesté par l’opposition.
- Des manifestations violentes ont éclaté le jour du scrutin, l’opposition dénonçant un massacre ayant fait des centaines de morts.
- Le blocus généralisé d’Internet, imposé lors des heurts, est en cours d’assouplissement, mais la vérification des informations reste complexe.
Après une semaine marquée par un couvre-feu, la vie semble reprendre son cours, notamment à Dar es Salaam, la plus grande ville du pays. Cependant, l’angoisse demeure palpable parmi les habitants. « J’espère que les violences cesseront », confie Rehema Shehoza, une épicière. Le rétablissement progressif de la connectivité Internet est une autre lueur d’espoir dans ce climat tendu.
Selon la commission électorale, Samia Suluhu Hassan a remporté la présidentielle du 29 octobre. Un triomphe largement contesté par le principal parti d’opposition, Chadema, qui a été écarté du processus électoral. Le parti a qualifié le scrutin de « fraude » et réclame de nouvelles élections. Le jour du vote, le pays avait été le théâtre de manifestations violentes, l’opposition affirmant que des centaines de personnes avaient perdu la vie. Hassan a prêté serment lundi, peu après l’annonce de la levée du couvre-feu par la police. Ce mardi, certains transports en commun avaient repris à Dar es Salaam et des files d’attente se formaient devant les stations-service rouvertes.
L’accès à Internet, coupé depuis le début des manifestations, est redevenu intermittent mardi. La diffusion d’informations fiables depuis ce pays d’Afrique de l’Est reste néanmoins difficile. Les images choquantes relayées sur les réseaux sociaux après la levée du blocage, et censées documenter la violence des manifestations, n’ont pu être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.
Lors de son investiture, la présidente réélue Samia Suluhu Hassan a déploré les « actes de violence » commis durant l’élection, reconnaissant pour la première fois des décès sans en préciser le nombre. Le parti Chadema, quant à lui, accuse les forces de sécurité d’avoir tué « pas moins de 800 personnes ». Des sources diplomatiques font état de centaines, voire de milliers de morts, sur la base d’informations jugées crédibles.