Nvidia vient de franchir un nouveau cap historique, devenant la première entreprise à atteindre une valorisation boursière de 5 000 milliards de dollars (environ 3 800 milliards de livres sterling). Ce succès spectaculaire intervient à peine trois mois après que le géant des semi-conducteurs de la Silicon Valley avait déjà marqué l’histoire en dépassant la barre des 4 000 milliards de dollars (3 000 milliards de livres sterling).
Cette nouvelle performance souligne l’onde de choc provoquée par l’engouement pour l’intelligence artificielle (IA), un phénomène technologique majeur dont l’ampleur est souvent comparée aux débuts de l’iPhone il y a 18 ans, sous l’impulsion de Steve Jobs, cofondateur d’Apple. La firme à la pomme avait d’ailleurs bâti sa propre ascension fulgurante jusqu’à devenir la première société cotée en bourse à atteindre les seuils de mille, deux mille, puis trois mille milliards de dollars, grâce au succès retentissant de son smartphone iconique.
Cependant, l’enthousiasme ambiant ne dissipe pas les inquiétudes quant à une possible bulle spéculative dans le secteur de l’IA. Des responsables de la Banque d’Angleterre ont récemment alerté sur le risque croissant de voir les valorisations boursières des entreprises technologiques, dopées par ce boom, s’effondrer. Un avertissement relayé par la directrice du Fonds Monétaire International (FMI).
La demande insatiable pour les puces Nvidia constitue le moteur principal de l’ascension fulgurante du cours de ses actions depuis début 2023. Mercredi, le titre a atteint 207,86 dollars (157,40 £) en début de matinée, portant la capitalisation boursière de l’entreprise à 5,05 billions de dollars (3,82 billions de livres sterling), avec 24,3 milliards d’actions en circulation. À titre de comparaison, la valeur de Nvidia dépasse désormais le Produit Intérieur Brut combiné de l’Inde, du Japon et du Royaume-Uni, selon les données du FMI.
Le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, a par ailleurs annoncé mardi une série de commandes de puces d’une valeur de 500 milliards de dollars (378 milliards de livres sterling). L’entreprise a également dévoilé des partenariats stratégiques, notamment avec Uber pour le développement de robotaxis et un investissement d’un milliard de dollars (757 millions de livres sterling) dans Nokia, en vue de collaborer sur la technologie 6G. En outre, Nvidia s’associe au ministère américain de l’Énergie pour la conception de sept nouveaux supercalculateurs dédiés à l’IA.
Ces annonces s’inscrivent dans une dynamique déjà soutenue. Le mois dernier, Nvidia avait déjà révélé un investissement de 100 milliards de dollars (75 milliards de livres sterling) dans OpenAI, un accord visant à déployer au moins 10 gigawatts de centres de données alimentés par ses puces IA, afin d’accroître la puissance de calcul du propriétaire de ChatGPT. Des discussions avaient également eu lieu en août avec l’administration Trump concernant le développement d’une nouvelle puce informatique destinée au marché chinois, sujet qui avait suscité une réaction du président Donald Trump indiquant vouloir aborder la question avec son homologue chinois, Xi Jinping.