Publié le 11 février 2026 à 10h29. Une publication du vice-président américain Vance sur sa visite au mémorial du génocide arménien en Arménie a été rapidement supprimée, ravivant les tensions autour de la reconnaissance de ce drame historique par Washington.
- Le vice-président Vance a visité le mémorial du génocide arménien à Erevan et a initialement publié des informations à ce sujet sur X (anciennement Twitter).
- Ce message a été supprimé peu après sa publication, et un message ultérieur, ne mentionnant pas le terme « génocide », a été publié par un membre de son équipe.
- L’incident intervient alors que l’administration américaine, historiquement prudente sur la question, maintient une position officielle qui diffère de celle de plusieurs autres pays et de la reconnaissance du génocide par le président Biden en 2021.
La visite du vice-président Vance en Arménie, une première pour un responsable américain de ce rang, a pris une tournure diplomatique délicate après la suppression de son message initial. Selon des informations rapportées par le Comité national arménien américain (ANCA), la publication originale faisait référence à la mémoire des victimes du génocide arménien de 1915. L’ANCA a dénoncé cette suppression comme un acte de négationnisme, aligné sur la position controversée de l’ancien président Trump.
La politique américaine à l’égard du génocide arménien a longtemps été marquée par la prudence, afin de ne pas compromettre les relations avec la Turquie, un allié important au sein de l’OTAN. Les présidents américains, à l’exception de Joe Biden, ont évité d’utiliser le terme « génocide » pour décrire les événements de 1915-1923, préférant des formulations plus neutres. En 2021, Joe Biden est devenu le premier président américain à reconnaître officiellement le génocide arménien, une décision vivement critiquée par Ankara.
La Turquie conteste fermement l’interprétation du massacre et de la déportation des Arméniens comme un génocide, arguant que les décès sont survenus dans le contexte de la Première Guerre mondiale et que des pertes ont été subies des deux côtés. Les estimations du nombre de victimes varient considérablement, allant de 300 000 à 2 millions de personnes entre 1914 et 1923. La plupart des estimations, y compris celles des autorités ottomanes elles-mêmes (800 000 décès entre 1915 et 1918), situent le nombre de victimes entre 600 000 et 1,5 million.
Un membre de l’équipe du vice-président a tenté d’expliquer l’incident en imputant la responsabilité à des membres du personnel qui ne faisaient pas partie de la délégation officielle accompagnant Vance. Le vice-président a déclaré aux journalistes qu’il avait visité le mémorial à la demande des autorités arméniennes, affirmant simplement qu’« apparemment, quelque chose de très terrible s’est produit il y a un peu plus de cent ans ».
Caroline Leavitt, attachée de presse de la Maison Blanche, a confirmé que la politique officielle du gouvernement américain en matière de génocide arménien n’avait pas changé. L’ANCA a qualifié la suppression du message de Vance de « mesure négative » et a souligné qu’elle s’inscrivait dans la continuité du « retrait honteux » de l’administration Trump face à un crime reconnu par les États-Unis, le Congrès américain, la Maison Blanche et plus d’une douzaine d’alliés de l’OTAN.
En 1914, la population arménienne en Turquie était estimée à environ 2 millions d’habitants, mais elle était tombée à moins de 400 000 en 1922, témoignant de l’impact dévastateur des événements de cette période.