Publié le 12 février 2024 10:30. Le projet de crèche universelle au Chili est au cœur d’une bataille politique acharnée entre le gouvernement sortant de Gabriel Boric et l’administration entrante de José Antonio Kast, chacun accusant l’autre de bloquer ou de précipiter son adoption.
- Le gouvernement Boric accuse l’UDI d’entraver le projet au Sénat.
- Des accusations mutuelles de manipulation politique et de blocage sont échangées entre les deux camps.
- Le prochain gouvernement Kast se montre réticent à approuver une législation de dernière minute.
La mise en place d’un système de crèches universelles, une promesse de campagne du président Boric, se heurte à une forte opposition politique, notamment de la part de l’Union démocratique indépendante (UDI). Le gouvernement actuel accuse l’UDI d’avoir délibérément empêché le projet d’atteindre la Commission sénatoriale de l’éducation, une étape cruciale pour sa validation avant la fin de son mandat.
Le président Boric a publiquement dénoncé cette attitude, affirmant que des membres de l’UDI reconnaissaient en privé qu’ils ne souhaitaient pas lui attribuer un succès législatif. Il a même lancé un appel pressant pour l’approbation du projet avant le début du nouveau gouvernement, en mars.
« Prenons des photos si vous voulez, laissons le nouveau gouvernement signer le projet approuvé, mais approuvons-le la première semaine de mars, n’attendons pas. »
Gabriel Boric, Président du Chili
Ces accusations ont suscité une vive réaction de l’UDI. Le sénateur Javier Macaya a fermement nié les allégations présidentielles, les qualifiant de tentative de manipulation politique.
« construire un récit politique au lieu d’assumer ses propres horreurs »
Javier Macaya, Sénateur UDI
La ministre secrétaire générale du gouvernement, Camila Vallejo, a également pointé du doigt l’administration Kast, exprimant des doutes sur son engagement envers le projet.
« Nous comprenons que l’équipe du président élu n’aime pas le projet, qu’elle ne souhaite pas qu’il avance. »
Camila Vallejo, Ministre Secrétaire Générale du Gouvernement
Vallejo a souligné que le gouvernement Boric avait fait des efforts pour prendre en compte les observations de l’opposition, mais que le blocage actuel semblait relever d’une volonté politique de l’équipe Kast. Elle a également contesté l’idée que le projet avait été présenté tardivement, soulignant que le président de la commission sénatoriale avait choisi de partir en vacances au lieu de poursuivre les discussions.
Du côté de l’administration Kast, le futur ministre des Finances, Jorge Quiroz, a défendu une approche plus prudente. Il a affirmé que la mise en place de la crèche universelle était une promesse de campagne de José Antonio Kast, mais qu’il ne souhaitait pas précipiter l’adoption d’une législation de dernière minute.
« La crèche universelle est une promesse de campagne, c’est quelque chose qui sera fait sous le gouvernement de José Antonio Kast, mais nous ne voulons pas précipiter une législation de dernière minute. »
Jorge Quiroz, Futur Ministre des Finances
La situation reste donc bloquée, et l’avenir du projet de crèche universelle dépendra des négociations et des compromis qui seront trouvés entre les différentes forces politiques dans les semaines à venir. L’échéance de la première semaine de mars, date de reprise des travaux législatifs, apparaît comme un moment crucial.