Publié le 2025-10-17 19:09:00. Le gouvernement britannique s’est engagé à trouver une solution pour permettre aux supporters du Maccabi Tel Aviv d’assister à un match de football à Birmingham, après que les autorités locales ont interdit leur présence pour des raisons de sécurité. Cette décision, vivement critiquée, suscite un vif débat politique quant à la gestion des risques et à la lutte contre l’antisémitisme.
- Le gouvernement britannique affirme « faire tout son possible » pour annuler l’interdiction qui vise les supporters du Maccabi Tel Aviv lors d’un match à Birmingham le 6 novembre.
- Aston Villa avait annoncé jeudi que le Groupe consultatif sur la sécurité (SAG) de la ville avait recommandé de refuser l’accès aux supporters israéliens, invoquant des préoccupations sécuritaires.
- Des tensions politiques et des critiques ont émergé, certains accusant le gouvernement d’inertie face à cette interdiction controversée.
La décision du Groupe consultatif sur la sécurité (SAG) de Birmingham, qui avait initialement recommandé d’interdire les supporters du Maccabi Tel Aviv de se rendre au match de Ligue Europa prévu le 6 novembre, a déclenché une vague de réactions. Aston Villa, club hôte, avait communiqué cette décision jeudi, citant des « raisons de sécurité ». Face à la pression montante, le gouvernement a déclaré travailler en étroite collaboration avec la police et étudier les ressources supplémentaires potentiellement nécessaires pour garantir la sécurité de l’événement et permettre la présence de tous les supporters.
Un porte-parole du gouvernement a insisté sur le fait que « personne ne devrait être empêché de regarder un match de football simplement en raison de son identité », affirmant que des efforts étaient en cours pour que le match « se déroule en toute sécurité avec tous les supporters présents ». Une réunion du SAG est prévue la semaine prochaine pour réexaminer la situation, selon le ministère de l’Intérieur. Cette instance, qui conseille le conseil municipal sur l’octroi des certificats de sécurité, pourrait reconsidérer sa position si la police des West Midlands modifie son évaluation des risques.
La police des West Midlands avait qualifié ce match de « haut risque » dès jeudi, en se basant sur des renseignements actuels et des incidents antérieurs, notamment des affrontements violents et des crimes haineux entre supporters de l’Ajax et du Maccabi Tel Aviv avant un match à Amsterdam en novembre 2024. Ces violences avaient entraîné plus de 60 arrestations et avaient été décrites par les autorités municipales comme une « combinaison toxique d’antisémitisme, de hooliganisme et de colère » exacerbée par la guerre à Gaza.
La gestion de cette affaire a suscité des critiques au sein même du paysage politique. Sir Keir Starmer, leader travailliste, a qualifié la décision d’interdire l’accès aux supporters de « mauvaise », déclarant que « nous ne tolérerons pas l’antisémitisme dans nos rues ». D’autres critiques émanent de figures conservatrices. Kemi Badenoch, chef conservatrice, a interpellé la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, lui reprochant un manque d’action pour prévenir cette interdiction. Une source proche de Mme Mahmood a réfuté ces accusations, affirmant que le ministère n’avait été informé de la décision finale que jeudi.
Ayoub Khan, député indépendant et militant pro-Gaza, avait initialement plaidé pour l’annulation du match pour des raisons de sécurité et a salué la décision du SAG. Tout en condamnant l’antisémitisme, il a souligné la nécessité de ne pas confondre des actes isolés avec des manifestations de haine collective, évoquant les « chants ignobles » et racistes entendus à Amsterdam. Ces propos ont été jugés « honteux » par Andrew Fox, président honoraire du club des supporters juifs d’Aston Villa, qui a décrit les événements d’Amsterdam comme une « chasse aux Juifs préméditée ».