Publié le 2025-10-30 06:16:00. À l’approche d’Halloween, un regard décalé sur les séries télévisées qui ont marqué nos esprits par leur horreur, leur étrangeté ou leur ambiance particulièrement sombre.
- « Stranger Things » : l’hommage aux années 80 qui interroge notre rapport à la nostalgie.
- « X-Files » : la série culte sur les théories du complot, toujours d’actualité.
- « Black Mirror » : l’anthologie qui nous mettait en garde contre les dangers de la technologie, et qui semble aujourd’hui presque dépassée par la réalité.
Alors que le spectre d’Halloween plane, il est temps de se pencher sur les œuvres télévisuelles qui ont exploré les recoins sombres de nos imaginaires. Des monstres d’une autre dimension aux conspirations gouvernementales, en passant par les dérives technologiques et les créatures surnaturelles, le petit écran a su nous terrifier, nous fasciner et parfois, nous faire réfléchir.
Stranger Things
Netflix
Avec ses jeunes héros aux allures rétro combattant des créatures cauchemardesques, le tout baigné dans une bande-son synthétique inspirée par John Carpenter, « Stranger Things » est un cocktail efficace de suspense et de nostalgie. Mais derrière l’aspect « cool » des références aux années 80 se cache une interrogation sur la « rétromania » : une génération entière enfermée dans le remix de la culture des générations précédentes. Une série qui confirme que la véritable horreur réside parfois dans le regard que nous portons sur le passé, et dans le vieillissement inéluctable de ses acteurs, une idée effrayante pour beaucoup.
X-Files
Disney+
Au milieu des années 90, les théories du complot relevaient de la science-fiction ou de la marginalité. Aujourd’hui, elles infusent notre quotidien. « X-Files », la série de Chris Carter, a brillamment capturé cet esprit d’inquiétude américaine, à une époque où la narration télévisuelle devenait plus complexe. Les enquêtes des agents Mulder, le croyant, et Scully, la sceptique, sur des phénomènes paranormaux souvent dissimulés par le gouvernement, résonnent étrangement avec notre époque. On imagine aisément Mulder devenu l’oncle « coupé du monde » aux théories fumeuses sur Facebook, et Scully luttant pour faire entendre la raison face à une opinion publique polarisée.
Black Mirror
Netflix
L’anthologie de science-fiction de Charlie Brooker, initialement diffusée sur Channel 4, avait posé une question fondamentale à une époque où les magnats de la technologie étaient encore perçus comme des philanthropes éclairés : les smartphones sont-ils une calamité ? La série, sous-titrée « Téléphones !!! », nous invitait à une réflexion profonde sur notre rapport aux écrans. La version actuelle, produite par Netflix, semble toutefois avoir perdu de son mordant. Face à la déferlante d’informations et d’images que nous consommons quotidiennement, notamment sur TikTok, les épisodes de « Black Mirror » paraissent aujourd’hui presque bucoliques. La série a perdu sa capacité à capturer l’air du temps dystopique, même si elle reste une invite bienvenue à faire une pause loin de nos appareils.
Scooby-Doo
Apple TV
Comment ne pas évoquer « Scooby-Doo » ? Cette série animée, où une bande d’adolescents résout des mystères impliquant des monstres, cache une réalité bien plus terrifiante : un chien parlant et conscient, qui pourrait bien être une entité ancestrale se nourrissant de l’énergie vitale de ses compagnons de route. « Ruh Roh ! », comme dirait la bête elle-même, un cri qui résonne comme un avertissement.
Baywatch Nights
Apple TV
Spin-off de la célèbre « alerte à Malibu », cette série voyait David Hasselhoff, fidèle à lui-même, enquêter sur des crimes aux accents paranormaux aux côtés d’un ami policier. Les loups-garous faisaient leur apparition, mais hélas, beaucoup moins de ralentis en maillot de bain. Une occasion manquée pour l’acteur de combiner ses deux talents…
Buffy contre les vampires
Disney+
Véritable fantasme adolescent des années 90, « Buffy contre les vampires » a su marier le glamour à l’horreur surnaturelle. Joss Whedon, le créateur, posait la question récurrente : qu’est-ce qui est le plus difficile pour une ado, affronter des vampires ou aller à un bal de promo ? La réponse, criée à l’écran, était évidente : les vampires, bien sûr. Néanmoins, la série a brillamment établi un modèle d’héroïne adolescente pugnace, nourrie de références pop et d’un dialogue ciselé.
Black Summer / Z Nation / The Last of Us / Marvel Zombies / The Walking Dead (et tous leurs spin-offs)
Les zombies semblent avoir envahi nos écrans de manière permanente. Autrefois symboles d’un totalitarisme aveugle, du consumérisme effréné ou de la noirceur humaine, ils semblent aujourd’hui représenter une métaphore de la surabondance de récits post-apocalyptiques. Pourtant, « Black Summer » sur Netflix se démarque comme une expérience terrifiante et recommandée.
Sapphire et Steel
ITV, le bon vieux temps

Dans cette série britannique culte, Sapphire (Joanna Lumley) et Steel (David McCallum), deux agents d’élite, interviennent lors de ruptures dans le tissu de l’espace-temps. L’effet sur un jeune esprit peut être durable, comme le souligne l’auteur, qui avoue encore aujourd’hui ne pas comprendre pleinement ce qui se passait, tout en y pensant souvent.
Alien : Earth
Disney+
La nouvelle adaptation par Noah Hawley de la franchise Ridley Scott transpose la célèbre créature xénomorphe dans notre monde. Si l’aspect horrifique est bien présent, la présence d’un protagoniste androïde au comportement enfantin donne parfois à la série des airs d’aventure fantaisiste, une sorte de « Skippy » version gore, où les tripes volent à tout va.
Mercredi
Netflix
« Mercredi », ce jour de la semaine synonyme d’ennui, a inspiré le nom d’un personnage emblématique de la famille Addams. L’adaptation Netflix transpose cette morosité dans une école privée qui, sous des airs gothiques, ne parvient qu’à présenter des « monstres » finalement bien sages et conformistes. La véritable horreur, suggère l’auteur, se trouve peut-être dans les écoles de banlieue, loin des paillettes.
Squid Game
Netflix
Une critique viscérale et violente du capitalisme et de la culture de la dette, « Squid Game » est devenue une franchise Netflix rentable à l’exploitation potentiellement infinie. L’ironie de la situation n’échappe à personne, comme le constate l’auteur avec une pointe d’humour.
What We Do in the Shadows
Disney
Cette série met en scène une colocation de vampires agréablement décalés. Elle s’inscrit dans une veine comique qui rappelle « Being Human » ou « Ghosts », où la cohabitation entre êtres surnaturels et humains (ou fantômes) devient un terreau fertile pour des situations hilarantes. Ce genre, selon l’auteur, est l’un de ses préférés.
Sesame Street
Bientôt sur Netflix
Derrière un monstre glouton, un aviateur exigeant et une grenouille hystérique, se cache l’aspect le plus effrayant de « Sesame Street » : son origine dans la télévision publique américaine, assimilée ici à du communisme. Et que dire d’Elmo, ce monstre aux émotions débridées ? La question reste ouverte.