Publié le 2025-10-11 08:27:00. Un projet d’accord négocié par les États-Unis et Israël imposerait au Hamas une libération d’otages, un désarmement et un abandon du pouvoir politique, en échange d’une amnistie pour ses membres. Selon un expert, le groupe islamiste n’aurait guère le choix face à une situation militaire désespérée.
- Le Hamas devrait libérer les otages, déposer les armes, démanteler son appareil militaire et renoncer à son pouvoir politique.
- En contrepartie, les membres du Hamas pourraient bénéficier d’une amnistie et s’exiler vers des pays « bénéficiaires », comme la Turquie ou le Qatar.
- L’acceptation de ces conditions par le Hamas s’explique par un manque d’alternatives face à deux années de guerre dévastatrice.
Les États-Unis et Israël ont élaboré une proposition en 20 points qui, selon les informations, aurait été négociée sans la participation des Palestiniens. Ce plan exigerait du Hamas qu’il rende les armes, qu’il renonce à son pouvoir politique et qu’il accepte une mention floue concernant la présence israélienne à Gaza, tout en libérant les otages. Le professeur Joas Wagemakers, spécialiste du Hamas et du nationalisme palestinien à l’Université d’Utrecht, estime que le groupe islamiste ne dispose pas de beaucoup d’options.
« Rendre les armes sera très difficile à avaler pour le Hamas. Mais ce n’est pas impossible », reconnaît le professeur Wagemakers. Le groupe, qui se retrouve dos au mur après deux années d’un conflit dévastateur, considérerait la fin des hostilités comme nécessaire à sa survie. Bien que l’idée de céder l’otage soit un point crucial, les négociations se poursuivent. L’abandon du pouvoir politique est présenté comme « la solution la moins inacceptable » pour le Hamas. Le désarmement, en revanche, représente un défi majeur pour un mouvement fondé dans les années 1980 en réponse à l’occupation israélienne. Une renégociation pourrait viser à limiter la remise à Israël aux seuls armements lourds.
« On pourrait soutenir que les membres du Hamas devraient être intégrés dans une force de police palestinienne, ce que les groupes militants palestiniens ont fait conformément aux accords d’Oslo dans les années 1990 », suggère Joas Wagemakers.
Joas Wagemakers, professeur d’islamologie à l’université d’Utrecht et expert du Hamas et du nationalisme palestinien
Selon les termes du plan, les membres du Hamas qui accepteraient l’accord bénéficieraient d’une amnistie et seraient autorisés à s’établir dans des pays d’accueil. La Turquie et le Qatar apparaissent comme les destinations les plus probables, contrairement à des voisins comme l’Égypte ou la Jordanie, qui ont exprimé une position plus défavorable envers le groupe islamiste. Néanmoins, même si ce plan négocié par les États-Unis était appliqué, il ne garantirait pas l’éradication du Hamas par Israël. Joas Wagemakers souligne qu’en l’absence d’une solution politique au conflit de fond, le démantèlement du groupe ne ferait qu’ouvrir la voie à l’émergence d’une alternative similaire.
« Il y aura toujours un nationalisme palestinien, il y aura toujours un conflit et les Palestiniens seront toujours en colère contre le manque d’autodétermination. Cela s’exprimera par la violence. »
Joas Wagemakers, professeur d’islamologie à l’université d’Utrecht et expert du Hamas et du nationalisme palestinien