Publié le 2025-10-12 07:32:00. Un accord d’échange de prisonniers est entré en vigueur, marquant une étape cruciale dans la désescalade du conflit déclenché par l’attaque du Hamas en octobre 2023. Parallèlement, une réunion internationale d’envergure se tiendra à Charm el-Cheikh pour tenter de trouver une issue durable à la crise au Moyen-Orient.
- Le Hamas a libéré 20 otages israéliens encore en vie, en échange de près de 2 000 prisonniers palestiniens.
- Une conférence internationale réunissant plus de 20 pays, dont des dirigeants européens et le secrétaire général de l’ONU, se tiendra en Égypte.
- Israël s’apprête à libérer 250 prisonniers palestiniens supplémentaires, dont certains condamnés à perpétuité.
La première phase de l’accord a vu la libération de captifs détenus par le Hamas, mouvement islamiste palestinien, qui avait lancé une attaque meurtrière contre Israël le 7 octobre 2023. Selon les termes convenus, l’échange a débuté lundi matin. « Selon l’accord signé, l’échange devrait commencer lundi matin comme convenu », a indiqué Hossam Badran, membre du bureau politique du Hamas, dans un entretien accordé à l’AFP samedi.
Dans la foulée de cet accord, la présidence égyptienne a annoncé qu’une importante réunion se tiendrait lundi après-midi à Charm el-Cheikh, station balnéaire sur la mer Rouge. Le président américain et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi y présideront les discussions réunissant plus de 20 délégations nationales. L’objectif affiché de cette rencontre est de « mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, de renforcer les efforts pour parvenir à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient et d’entamer une nouvelle ère de sécurité et de stabilité régionales ».
Plusieurs figures internationales ont confirmé leur participation, dont le secrétaire général des Nations Unies (ONU), António Guterres, le Premier ministre britannique Keir Starmer, ainsi que leurs homologues italien Giorgia Meloni et espagnol Pedro Sánchez. Le président français Emmanuel Macron sera également présent.
Du côté israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait assister à cette réunion. En revanche, le Hamas a déclaré ne pas participer aux négociations, par la voix de Hossam Badran.
Malgré cette avancée significative, des défis majeurs subsistent pour les médiateurs. L’accord politique à long terme, incluant la fourniture d’armes au Hamas et le retrait de la gestion de Gaza, présente encore des complexités. Hossam Badran a évoqué « beaucoup de complexité et de difficultés dans la deuxième phase de l’accord », tandis qu’un responsable du Hamas, s’exprimant anonymement, a qualifié le désarmement d' »impossible ».
Forces internationales et retour des déplacés
Le plan proposé prévoit le remplacement des forces israéliennes par des forces multilatérales composées de l’Égypte, du Qatar, de la Turquie et des Émirats arabes unis (EAU). Ces forces seraient coordonnées par un centre de commandement dirigé par les États-Unis et basé en Israël.
Samedi, l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (Centcom), accompagné de Steve Witkoff et Jared Kushner, conseillers de Donald Trump pour le Moyen-Orient, se sont rendus à Gaza. La ville, ravagée par les combats, voit des centaines de milliers de Palestiniens tenter de regagner leurs foyers détruits.
Steve Witkoff, Jared Kushner et Ivanka Trump, fille de l’ancien président américain, se sont ensuite rendus à Tel-Aviv pour une réunion avec les familles des otages encore détenus en Israël. La foule présente a exprimé sa gratitude, certains criant brièvement « merci ».
Einav Zangauker, dont le fils Matan fait partie des 20 otages présumés encore en vie, a déclaré : « Nous continuerons à pleurer et à nous battre jusqu’à ce que tout le monde rentre chez lui ». Zairas Shacar Mohras Munder, dont l’oncle Abraham a été enlevé par le Hamas et dont le corps a été retrouvé en août, a ajouté : « Nous ressentons enfin de l’espoir, mais nous ne pouvons pas nous arrêter et nous n’arrêterons pas maintenant ».
Le Hamas est tenu de libérer les 47 otages restants, vivants ou morts, d’ici lundi midi. Au total, les islamistes avaient enlevé 251 personnes lors de leur attaque, tuant 1 119 personnes, majoritairement des civils. Les restes d’une autre personne détenue à Gaza depuis 2014 devraient également être restitués.
En contrepartie, Israël s’est engagé à libérer 250 prisonniers palestiniens, dont certains ont été condamnés à la prison à vie pour des attaques meurtrières contre Israël, ainsi que 1 700 habitants de Gaza arrêtés par l’armée depuis le début de la guerre.
Le service pénitentiaire israélien a confirmé samedi le transfert de 250 détenus vers deux prisons, en préparation de leur libération.