Madrid, le 10 février 2026 09:53:00. Le juge Peinado a ordonné la communication des courriels de Begoña Gómez, épouse du chef du gouvernement espagnol, à Moncloa, la présidence du gouvernement, dans le cadre d’une enquête pour détournement présumé de fonds. Cette décision intervient après l’annulation d’une première tentative, jugée insuffisamment motivée.
- Le juge Peinado réclame les courriels de Begoña Gómez depuis 2018.
- L’enquête porte sur un possible détournement de fonds lié à l’embauche d’un conseiller.
- Begoña Gómez et son conseiller sont critiqués pour leur manque de coopération avec la justice.
Le juge d’instruction Peinado a émis une nouvelle ordonnance exigeant la remise des courriels de Begoña Gómez Fernández, épouse du président du gouvernement, Pedro Sánchez, concernant ses activités depuis 2018. Cette demande s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte pour suspicion de détournement de fonds publics. La première tentative du juge d’obtenir ces courriels avait été annulée par le tribunal de Madrid, qui lui reprochait un manque de motivation concernant une mesure affectant les droits fondamentaux.
Dans sa nouvelle ordonnance, le juge Peinado justifie la proportionnalité, l’adéquation et la nécessité de cette mesure au regard de l’enquête en cours. Il évoque des indices laissant supposer un délit de détournement de fonds, potentiellement lié à l’embauche d’un conseiller à Moncloa qui aurait été impliqué dans des activités privées de Mme Gómez.
L’instructeur déplore également le manque de collaboration de la personne mise en examen, de son conseiller, et du président du gouvernement lui-même, qui a invoqué son droit de ne pas témoigner lorsqu’il a été convoqué.
Le juge souligne le caractère exceptionnel de la situation, compte tenu du statut particulier de Begoña Gómez. Il explique que sa position d’épouse du chef du gouvernement lui confère une infrastructure et des prérogatives qui pourraient lui permettre d’éviter une diligence accrue de la part des fonctionnaires.
Voyages à l’étranger
Le juge Peinado reproche à Begoña Gómez son refus de coopérer pleinement à l’enquête, notamment en refusant, avec son conseiller, de remettre volontairement son passeport afin de comparer leurs voyages à l’étranger. Face à ce refus, il a demandé au ministère de l’Intérieur de fournir des informations sur ses déplacements.
Le juge s’intéresse particulièrement à d’éventuels voyages au Congo, en République Dominicaine et en Russie. Il précise toutefois que, bien que d’autres mesures, comme une perquisition au domicile des personnes enquêtées, pourraient être envisagées pour obtenir ces informations, elles seraient disproportionnées.