Home International Le Juif qui sauve l’unicité d’Abdol Hossein Sardari

Le Juif qui sauve l’unicité d’Abdol Hossein Sardari

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, un diplomate iranien a agi dans l’ombre pour sauver des vies juives, une histoire longtemps méconnue qui revient sur le devant de la scène. Abdol Hossein Sardari, consul d’Iran à Paris, a utilisé son poste et ses relations pour délivrer des passeports iraniens à des centaines de Juifs, leur permettant de fuir l’Europe occupée.

L’histoire de Sardari a été révélée par le professeur Fariborz Mokhtari, de l’Université du Vermont, lors de ses recherches sur la vie d’Amir Abbas Hoveyda, ancien Premier ministre iranien. Mokhtari a découvert que l’oncle de Hoveyda, diplomate iranien à Paris, jouait un rôle crucial dans la protection des Juifs persécutés par les nazis.

Sardari, connu pour son cercle social influent et ses réceptions où se croisaient l’élite européenne et des officiers nazis, a habilement exploité ses contacts. Il a délivré des centaines de faux passeports, affirmant que les bénéficiaires étaient des membres du groupe ethnique iranien des « Djougouten », présenté comme d’origine aryenne, afin de les soustraire aux persécutions nazies. Un document de la Gestapo mentionne même que Sardari aurait sauvé plus de 2 000 personnes en leur fournissant des documents de voyage iraniens.

Bien que le nombre exact de Juifs sauvés par Sardari soit difficile à établir avec précision, il est estimé qu’il a aidé entre 500 et 2 000 personnes à échapper à la déportation et à la mort. Ce chiffre dépasse potentiellement le nombre de Juifs sauvés par Oskar Schindler, ce qui lui vaut le surnom de « le Schindler iranien ».

Le professeur Mokhtari a publié en 2011 un livre intitulé « Dans l’ombre du lion : le Schindler iranien et sa patrie pendant la Seconde Guerre mondiale », retraçant l’histoire de Sardari. Il souligne que Sardari a agi par conviction personnelle, estimant qu’il faisait simplement ce qui était juste.

Curieusement, Abdol Hossein Sardari a refusé les honneurs qui lui étaient offerts, notamment le titre de « Juste parmi les nations » décerné par Yad Vashem, le centre de commémoration de l’Holocauste en Israël. Il considérait qu’il n’avait fait que son devoir.

L’histoire de Sardari, longtemps restée dans l’ombre, mérite d’être connue et célébrée, afin d’inspirer les générations futures. Un documentaire, « Sardari’s Enigma », a récemment été produit par la cinéaste iranienne Mahdieh Zare Zardiny, et a fait ses débuts aux États-Unis à l’université de Georgetown en avril 2019.

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