Home International Le leader malgache affirme que la prise de pouvoir est en cours alors qu’une unité de l’armée revendique le contrôle de l’armée

Le leader malgache affirme que la prise de pouvoir est en cours alors qu’une unité de l’armée revendique le contrôle de l’armée

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Madagascar traverse une zone de turbulences politiques majeures. Dimanche, le président Andry Rajoelina a dénoncé une « tentative de prise du pouvoir illégalement et par la force », quelques heures après qu’un contingent de soldats a rejoint des milliers de manifestants antigouvernementaux dans la capitale, Antananarivo. Cette journée a été marquée par une déclaration choc des officiers de la Cellule d’Appui à la Police Scientifique et Technique (CAPSAT), qui affirment prendre le contrôle de l’armée malgache, rejetant ainsi la répression violente des manifestations qui secouent l’île depuis plus de deux semaines.

Dans un communiqué vidéo diffusé samedi, les officiers de la CAPSAT ont annoncé que « toutes les commandes de l’armée malgache – qu’elles soient terrestres, aériennes ou navales – proviendront du quartier général de la CAPSAT ». Cette affirmation intervient dans un contexte de tensions vives, suite à des affrontements entre soldats et gendarmes près d’une caserne, avant que des militaires n’entrent dans la ville pour rejoindre les manifestants sur la place du 13 mai, symbolique lieu de rassemblement devant la mairie d’Antananarivo. L’accueil fut chaleureux, ponctué d’acclamations et d’appels à la démission du président Rajoelina.

En réponse, le président Rajoelina, dans un communiqué publié dimanche, a qualifié la situation d’« une tentative de prise du pouvoir illégalement et par la force, contraire à la Constitution et aux principes démocratiques ». Il a réitéré son appel au dialogue, affirmant que « le dialogue est la seule voie à suivre et la seule solution à la crise à laquelle le pays est actuellement confronté », tout en prônant « l’unité ».

La manifestation de samedi a été l’une des plus importantes depuis le début du mouvement de contestation le 25 septembre. Ce mouvement a été déclenché par le mécontentement populaire face aux pénuries récurrentes d’électricité et d’eau. La CAPSAT a clairement indiqué son refus de « tirer » sur les manifestants, critiquant vivement la gendarmerie pour ses « tactiques musclées » et les décès qu’elle aurait causés. La correspondante de FRANCE 24, Gaëlle Borgia, a expliqué que les officiers de la CAPSAT, se considérant comme des sous-officiers, se sentent « faire partie de la population et rencontrer les mêmes difficultés avec les coupures d’électricité et d’eau ».

Face à cette situation, la gendarmerie nationale, dans une déclaration vidéo diffusée dimanche, a reconnu « des fautes et des excès lors de nos interventions », appelant à la « fraternité » entre les forces armées et la gendarmerie. Ils ont affirmé : « Nous sommes là pour protéger, pas pour terroriser », ajoutant que désormais « tous les ordres viendront uniquement » de la préfecture de gendarmerie.

Le gouvernement a tenu à rassurer dimanche soir, affirmant que le président Rajoelina était « dans le pays » et continuait de gérer les affaires nationales. Le nouveau Premier ministre a quant à lui déclaré que le gouvernement était « debout fort » et « prêt à collaborer et à écouter ».

Les Nations Unies ont rapporté qu’au moins 22 personnes ont trouvé la mort au début des manifestations, le 25 septembre. Ces décès sont attribués à la fois aux forces de sécurité et à des violences perpétrées par des gangs criminels et des pilleurs. Le président Rajoelina a contesté ce bilan, affirmant la semaine dernière qu’il y avait eu « 12 décès confirmés et que tous ces individus étaient des pilleurs et des vandales ». Les secours auraient, selon les médias locaux, fait état samedi de deux autres morts et 26 blessés. La CAPSAT a également signalé qu’un militaire avait été abattu par des gendarmes, décédant de ses blessures.

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