Publié le 2025-11-08 01:43:00. La célèbre salle du Concertgebouw à Amsterdam a annulé un événement de Hanoucca suite à la participation annoncée d’un représentant de l’armée israélienne, déclenchant une vive polémique avec le ministre israélien de la Diaspora.
- L’annulation, motivée par la présence de Shay Abramson, présenté comme représentant de l’armée israélienne, a suscité l’indignation de la communauté juive et d’Israël.
- La maire d’Amsterdam, Femke Halsema, a fermement rejeté les accusations d’antisémitisme, qualifiant de « répugnante » la comparaison avec la persécution des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Le ministre de la Diaspora, Amichai Chikli, a dénoncé ce qu’il considère comme une capitulation face aux extrémistes et une normalisation de l’antisémitisme croissant en Europe.
La décision a été prise par le Concertgebouw, une institution culturelle phare de la capitale néerlandaise, après avoir appris la participation de Shay Abramson à une célébration de Hanoucca organisée par la communauté juive locale. L’établissement a considéré Abramson comme un représentant de l’armée israélienne, bien que celui-ci soit un employé civil des Forces de défense israéliennes (Tsahal) et non un militaire enrôlé.
Cette annulation a provoqué une onde de choc, tant aux Pays-Bas qu’en Israël. Le ministre de la Diaspora israélien, Amichai Chikli, a vivement réagi, accusant la ville d’Amsterdam de « se rendre aux extrémistes » et de « normaliser l’antisémitisme qui gagne du terrain en Europe ».
Dans une lettre adressée au ministre, la maire d’Amsterdam, Femke Halsema, a catégoriquement rejeté ces insinuations. Elle a qualifié de « totalement répugnante » toute comparaison de cette affaire avec la persécution et l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, affirmant que « l’histoire exige exactitude et intégrité, et non une utilisation manipulatrice ». La maire, qui avait déjà exprimé des critiques sur la conduite d’Israël dans la guerre à Gaza, a ajouté :
« Je rejette également toute tentative de pression ou d’intimidation sur la manière et le moment où j’exprime mes opinions sur les questions locales. Amsterdam ne sera pas gouvernée par des institutions étrangères ou des agendas politiques extérieurs. Je continuerai à lutter contre l’antisémitisme et toutes les formes de haine, conformément à nos lois et à nos valeurs. »
Femke Halsema, maire d’Amsterdam
Parallèlement, Femke Halsema a reconnu les inquiétudes légitimes de la communauté juive face à la recrudescence des actes antisémites. Elle a souligné que la peur ressentie par les résidents juifs d’Amsterdam était prise très au sérieux par la municipalité, affirmant que « protéger la vie juive à Amsterdam n’est pas un slogan vide de sens – c’est une responsabilité continue et active. »
La réponse de la maire n’a cependant pas apaisé Amichai Chikli, qui s’est dit « stupéfait » par sa lettre. Il a mis en contraste la position de la maire concernant l’annulation du spectacle du rappeur Boef, pour lequel elle avait défendu la « liberté artistique », avec son refus d’accueillir le chantre Shay Abramson pour Hanoucca.
« Lorsqu’il s’agissait de défendre la ‘liberté artistique’ du rappeur Boef et sa chanson ‘Mort à l’IDF’, elle s’est farouchement battue contre l’annulation du spectacle. Mais lorsque le chantre Shay Abramson est invité à chanter ‘Oseh Shalom’ ou ‘Am Yisrael Chai’ pour Hanoukka, elle se cache derrière la bureaucratie et refuse de condamner les boycotts. Il semble que la question ici ne soit pas de « principes » ou de « liberté d’expression ». Peut-être que Mme Halsema souffre de la même maladie que Boef lui-même. »
Amichai Chikli, ministre de la Diaspora