Publié le 14 février 2024 18:25:00. Une rencontre de curling entre la Suède et le Canada a été marquée par des accusations de tricherie et une vive altercation entre les joueurs, soulevant des questions sur l’intégrité du jeu et la qualité de l’arbitrage.
- L’équipe suédoise a accusé les Canadiens d’avoir touché les pierres après leur lancer, une infraction aux règles.
- Un échange particulièrement virulent a opposé le Suédois Oskar Eriksson au Canadien Marc Kennedy, ce dernier criant des insultes.
- Des doutes sont émis sur la connaissance des règles par l’arbitre principal, ainsi que sur le professionnalisme des arbitres de curling en général.
La tension était palpable sur la glace lors du match de curling opposant la Suède au Canada, vendredi, en phase de groupes masculine. Le Canada s’est imposé 8 à 6 face aux champions olympiques en titre, mais la victoire a été assombrie par des accusations mutuelles de tricherie et une dispute animée entre les joueurs.
Dès le début de la rencontre, l’équipe suédoise, menée par Niklas Edin, a attiré l’attention des arbitres sur des actions qu’elle jugeait illégales de la part des Canadiens. Les Suédois estimaient que leurs adversaires avaient touché les pierres après les avoir lâchées, une pratique interdite par le règlement.
Les Canadiens n’ont pas tardé à répliquer, demandant à leur tour aux arbitres d’examiner les Suédois pour des comportements similaires. L’atmosphère s’est alors envenimée, culminant dans un échange particulièrement houleux en fin de match.
Le Suédois Oskar Eriksson a accusé le Canadien Marc Kennedy d’avoir touché la pierre après son lancer et a annoncé son intention de présenter des preuves vidéo après la rencontre. Kennedy a réagi avec colère, s’exclamant :
« Je n’ai rien fait ! Allez au diable ! »
Marc Kennedy, joueur de curling canadien
Cette explosion de colère a surpris Eva Lund, experte pour la télévision suédoise SVT.
« Je n’ai jamais rien vu de tel. »
Eva Lund, experte SVT
Une photographie publiée par Sportbladet semble confirmer les accusations suédoises, montrant Kennedy touchant la pierre avec le bout du doigt après l’avoir lâchée. Kennedy, cependant, nie toute intention de tricher.
Il a déclaré après le match :
« Les pierres ont des capteurs à la ligne du cochon et pourtant ils nous accusent de tricher. Il n’y a aucune raison de nous en vouloir. J’ai un grand respect pour Eriksson en tant que joueur. Je ne sais pas ce qu’il cherchait. Nous passons à autre chose. Je ne vais pas commencer à enquêter sur des allégations de tricherie. »
Marc Kennedy, joueur de curling canadien
Il est à noter que les capteurs intégrés aux pierres ne détectent les contacts qu’à partir de la ligne du cochon, laissant la possibilité de toucher la pierre en dehors de cette zone sans que cela soit signalé.
Oskar Eriksson a également exprimé des doutes quant à la connaissance des règles par l’arbitre principal.
« L’arbitre en chef ne connaissait pas le règlement et nous avons dû le corriger. Ensuite, les juges n’ont rien osé faire. »
Oskar Eriksson, joueur de curling suédois, selon Sportbladet
Son coéquipier Christoffer Sundgren a souligné les difficultés liées au manque de professionnalisme des arbitres de curling.
« C’est une question d’argent. C’est dur au hockey aussi. Si vous regardez l’Allsvenskan de hockey ou la SHL, tout le monde n’y travaille pas à temps plein. Et puis il y a encore moins d’argent dans le curling. C’est donc une question difficile à résoudre. »
Christoffer Sundgren, joueur de curling suédois
L’équipe suédoise n’a pas déposé de protestation formelle après le match. Le capitaine Fredrik Lindberg a estimé que les pratiques douteuses étaient malheureusement courantes dans le sport.
« Nous les avons déjà vu faire ça. Certains joueurs trichent et nous pouvons les nommer. Nous avons essayé de résoudre ce problème avec la Fédération internationale, mais nous n’avons reçu aucun changement. »
Fredrik Lindberg, capitaine de l’équipe suédoise
La Suède a perdu ses trois premiers matchs de la phase de groupes, compromettant ses chances de qualification.