La justice allemande a classé sans suite une affaire concernant un internaute qui avait qualifié le chancelier Friedrich Merz de « Pinocchio ». Cette décision confirme que la critique du pouvoir, même acerbe, est protégée par la liberté d’expression, selon le parquet de Heilbronn.
Lors d’une visite du chancelier Merz à Heilbronn en octobre dernier, un post de la police locale sur Facebook a suscité près de 400 commentaires. Parmi ceux-ci, 38 ont été examinés par le parquet pour déterminer s’ils contenaient des propos illégaux. L’un de ces commentaires, « Pinocchio vient à HN », a fait l’objet d’une enquête spécifique.
Le parquet de Heilbronn a finalement estimé que cette comparaison avec le personnage de conte de fées, dont le nez s’allonge à chaque mensonge, constituait une critique politique légitime. « Il s’agit d’une critique du pouvoir couverte par la liberté d’expression et donc autorisée », a déclaré le parquet dans un communiqué. Une autre procédure concernant la même désignation a également été abandonnée.
La publication initiale de la police sur Facebook concernait une zone d’interdiction de vol temporaire mise en place à l’occasion de la visite du chancelier. Le personnage de Pinocchio, créé par l’écrivain italien Carlo Collodi en 1883 et popularisé par le film d’animation Disney de 1940, est devenu un symbole du mensonge.
À ce stade, l’issue de toutes les procédures initiées suite aux commentaires sur le post Facebook n’est pas encore connue. Le parquet continue d’examiner d’autres messages potentiellement illégaux.