Publié le 16 février 2024 14h30. Des négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis reprennent à Genève, dans un contexte de tensions croissantes liées au programme nucléaire iranien et de menaces américaines de recours à la force.
- Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Araghchi, rencontrera à Genève ses homologues suisse et omanais, ainsi que le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Raphaël Grossi.
- Washington enverra Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, et Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump, pour participer aux discussions.
- L’Iran insiste sur la levée des sanctions économiques en échange de concessions sur son programme nucléaire, tandis que les États-Unis et Israël souhaitent également aborder le programme de missiles iranien et son soutien à des groupes militants régionaux.
Les pourparlers, qui se déroulent dans un climat de forte pression, interviennent après une escalade des tensions, notamment le déploiement d’un second porte-avions américain dans la région et les menaces de Donald Trump d’une action militaire contre l’Iran si aucun accord n’est trouvé. Le président américain a même affirmé qu’un changement de pouvoir à Téhéran serait la meilleure issue possible.
Ali Araghchi a indiqué sur le réseau social X qu’il s’entretiendrait avec Raphaël Grossi de manière « intensive » et qu’il était venu en Suisse avec « des idées réalistes pour un accord juste et équitable ». Il a toutefois fermement déclaré :
« Ce qui n’est pas sujet à discussion : c’est l’obéissance aux menaces. »
Ali Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères
Ces négociations sont les premières depuis les affrontements de 12 jours entre Israël et l’Iran en juin dernier, au cours desquels des installations nucléaires iraniennes auraient été bombardées par les États-Unis. Téhéran se concentre sur la question de son programme nucléaire et la levée des sanctions qui pèsent sur son économie. Les États-Unis et Israël, quant à eux, souhaitent élargir le champ des discussions pour inclure le programme de missiles balistiques iranien et le soutien apporté par Téhéran à des organisations telles que le Hezbollah au Liban et le Hamas dans la bande de Gaza.
Majid Takht-Ravanchi, un autre vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré dimanche à la BBC que son pays était prêt à faire des compromis si les sanctions économiques américaines étaient levées.
Selon la Maison Blanche, Steve Witkoff et Jared Kushner pourraient rester à Genève après les négociations nucléaires pour participer à des discussions américaines avec la Russie et l’Ukraine.
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