Publié le 19 février 2026 à 00h44. L’avenir du MotoGP en Australie est incertain, avec des difficultés à trouver un circuit adapté à l’organisation d’un Grand Prix, et une prise de conscience du caractère de plus en plus commercial du sport moto.
- Le gouvernement de l’État de Victoria hésite à autoriser un Grand Prix MotoGP à Melbourne en raison de la saturation de la ville par les événements liés à la Formule 1.
- Le circuit d’Adélaïde présente des contraintes liées à sa proximité avec des bâtiments, tandis qu’Albert Park, bien que plus adapté, pourrait être jugé trop coûteux.
- Le MotoGP, comme d’autres sports, est de plus en plus influencé par les considérations financières et les intérêts commerciaux, au détriment parfois de la sécurité et de l’intégrité sportive.
L’organisation d’un Grand Prix MotoGP en Australie se heurte à des obstacles de plus en plus nombreux. Si l’idée d’importer la course à Melbourne, sur le circuit d’Albert Park, a été évoquée, elle se heurte à la réticence du gouvernement de l’État de Victoria. Ce dernier estime qu’il ne peut pas imposer davantage de perturbations aux habitants de Melbourne, déjà impactés par les préparatifs et le déroulement du Grand Prix de Formule 1 qui s’y tient chaque année pendant plusieurs mois.
Une alternative, le circuit d’Adélaïde Parkland, présente également des défis. Sa configuration actuelle, bordée de nombreux bâtiments, compliquerait l’aménagement d’un tracé sécurisé. Bien qu’un tracé plus éloigné des constructions soit envisageable, l’espace disponible serait limité, représentant environ un tiers de celui offert par Albert Park.
De plus, le circuit actuel d’Adélaïde, utilisé pour les voitures de sport, ne mesure que 3,3 km, tandis que l’ancien circuit de Formule 1, désormais abandonné, en comptait 3,7 km. Le MotoGP pourrait donc se retrouver avec une version routière d’un circuit plus lent, comparable au circuit hongrois de Balaton Park, récemment intégré au calendrier.
Cette situation soulève des questions plus larges sur l’évolution du MotoGP et sa sensibilité aux impératifs commerciaux. Un incident récent, la mort de Borja Gomez lors d’essais pour une manche Dorna/FIM JuniorGP, a mis en lumière un certain manque d’engagement des pilotes de MotoGP en faveur de l’amélioration des normes de sécurité dans les catégories inférieures. Interrogés sur leur volonté de faire pression sur Dorna, les pilotes ont privilégié la cohésion et la préservation des intérêts du MotoGP.
« Ce n’est pas mon travail. Il est important que nous restions unis… avec Dorna, pour assurer la croissance du MotoGP. »
Pilote MotoGP (nom non divulgué)
Cette attitude, selon l’auteur, témoigne d’une tendance générale à la prudence et à l’évitement des conflits, au nom de la rentabilité. Le sport, et en particulier le MotoGP, est devenu une affaire de gros sous, comparable à la Formule 1, au football ou aux Jeux olympiques. La technologie de la télévision et l’essor des médias sociaux ont contribué à cette transformation, permettant une diffusion mondiale et une exploitation commerciale accrue.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la Premier League indienne de cricket a vu sa valeur augmenter de 1 400 % en 17 ans, passant de 50 millions de dollars en 2009 à 750 millions de livres sterling aujourd’hui. Liberty Media a quant à elle quasiment quadruplé la valeur de la Formule 1 depuis son acquisition en 2017, la faisant passer de 6 milliards de livres sterling à 22 milliards de livres sterling, en grande partie grâce à l’augmentation de l’intérêt des fans via les réseaux sociaux et la série documentaire Drive to Survive sur Netflix. Cette demande accrue se traduit par une augmentation des prix des billets, comme en témoigne l’augmentation de 120 % du prix d’un billet pour le Grand Prix de Grande-Bretagne de F1 entre 2019 et 2024, soit cinq fois le taux d’inflation britannique.
Selon Elis Jones, responsable des services bancaires d’investissement et de conseil sportif chez Goldman Sachs, le marché du sport s’adresse à près de huit milliards de personnes dans le monde. La croissance actuelle du secteur est alimentée par les nouvelles technologies de diffusion et de streaming, qui permettent d’atteindre un public plus large et de générer des revenus supplémentaires grâce aux partenariats commerciaux, à l’hospitalité, aux produits dérivés et aux paris.
Le circuit indonésien de Mandalika a été conçu à l’origine comme un circuit urbain du XXIe siècle, entouré d’hôtels et de résidences de vacances, mais a connu des difficultés.
Mandalika Grand Prix Association