Publié le 2026-02-13 16:52:00. L’ancien maire de Lima, Rafael López Aliaga, est visé par une enquête préliminaire du parquet pour la destruction présumée de bâtiments historiques afin de faciliter la construction d’un complexe immobilier privé. Cette affaire relance les controverses entourant le candidat à la présidence et son parti, Renouvellement populaire.
- Le Bureau du procureur enquête sur Rafael López Aliaga pour destruction et altération de biens culturels dans le Cercado de Lima.
- Une plainte pénale a été déposée par la Confédération nationale des commerçants de la Table ronde (CONACO) concernant la démolition de maisons historiques protégées.
- López Aliaga a été convoqué à plusieurs reprises par le parquet, mais s’est absenté à deux reprises, risquant une comparution forcée.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le Bureau du procureur péruvien à l’encontre de Rafael López Aliaga, leader du parti Renouvellement populaire, pour des faits de destruction et d’altération de biens culturels dans le centre historique de Lima (Cercado de Lima). L’affaire porte sur la démolition de plusieurs maisons anciennes bénéficiant d’une protection patrimoniale, des actions qui auraient permis le développement d’un projet immobilier privé durant son mandat d’administrateur municipal.
La plainte pénale, déposée par la Confédération nationale des commerçants de la Table ronde (CONACO), accuse l’ancien maire d’avoir manqué à ses obligations fonctionnelles en ne prenant pas les mesures nécessaires pour empêcher la démolition de ces structures coloniales et républicaines. Les faits se seraient déroulés dans le secteur de l’avenue Roosevelt et de la rue Azángaro, où se trouve aujourd’hui un complexe immobilier baptisé « Qantua », qui aurait remplacé ces propriétés de grande valeur historique.
Le parquet a convoqué à plusieurs reprises Rafael López Aliaga pour qu’il s’explique sur ces accusations. Il a manqué sa première convocation, prévue le 10 décembre 2025, sans justification valable selon le fisc. Une seconde convocation, fixée au 22 janvier 2026, lui avait été adressée en dernier avertissement, sous peine d’une comparution forcée par la police. Une troisième convocation est prévue pour le lundi 16 février à 10h00, sous forme de déclaration virtuelle.
Au cœur de cette affaire se trouve le projet immobilier « Qantua ». Les plans de construction ont été établis sur un terrain précédemment occupé par des bâtiments classés au patrimoine culturel. Le Bureau du procureur estime que les licences et autorisations nécessaires à la réalisation de ce projet ont été obtenues de manière irrégulière, et que Rafael López Aliaga aurait ignoré les avertissements techniques interdisant la démolition totale de ces façades.
Les propriétés concernées, situées dans le quartier d’Azángaro aux numéros 1050, 1060 et 1070, faisaient partie de l’Environnement Urbain Monumental du Palais de Justice. La plainte souligne que la destruction de ces biens ne se limite pas à une atteinte à l’esthétique urbaine, mais efface également une partie de la mémoire historique du tissu urbain des XIXe et XXe siècles, que l’UNESCO recommande de protéger.
Bien que la défense de la municipalité et du parti Renouvellement populaire tente de minimiser l’ampleur des dégâts, les rapports d’inspection confirment que les bâtiments ont été intégralement démolis, ne laissant subsister que des fondations modernes en béton. L’enquête du parquet vise à déterminer s’il y a eu un enrichissement personnel illégal lié à l’autorisation de ces travaux sur des terrains protégés.