Publié le 2025-10-20 07:15:00. Un père britannique vivant au Canada se retrouve séparé de sa famille en raison des coûts prohibitifs des démarches de visa pour les faire venir au Royaume-Uni, malgré la citoyenneté britannique de leur fille.
Un chauffeur-livreur basé dans le Northumberland, au nord-est de l’Angleterre, se retrouve dans une situation déchirante, contraint de vivre à des milliers de kilomètres de sa femme et de sa fille de deux ans. Christopher Wade déplore l’impossibilité de réunir sa famille en raison des frais de demande de visa et de santé (NHS) qui s’élèvent à plus de 4 500 £ (environ 5 300 €), une somme qu’il ne peut malheureusement pas assumer.
Malgré la nationalité britannique de leur fille Layla, née au Canada, la demande d’exemption des frais présentée par le couple a été rejetée par le ministère de l’Intérieur. Leur avocat, Chris Boyle, qui les assiste bénévolement, estime que ce refus est injustifié, s’appuyant sur les directives du ministère qui prévoient des dispenses pour les personnes « ne pouvant pas payer les frais ». Le ministère de l’Intérieur a refusé de commenter ce cas particulier.
Christopher Wade, marié depuis 2022 à Josianne Charlebois, une employée administrative canadienne, décrit ces trois dernières années comme une « lutte extrême ». La séparation d’avec sa fille Layla a engendré de graves crises de panique, impactant considérablement sa santé mentale. « J’ai l’impression que ma santé mentale se détériore toujours, car je pense constamment à tout le temps que je manque avec ma fille », confie-t-il.
Initialement, le couple avait envisagé de s’installer au Royaume-Uni une fois que Mme Charlebois serait enceinte de cinq mois, afin de bénéficier du soutien du large réseau familial de M. Wade pour l’éducation de l’enfant. Cependant, des dettes antérieures et les frais de garde ont rendu l’épargne des quelque 1 938 £ (environ 2 290 €) pour la demande de visa familial et des 2 588 £ (environ 3 080 €) pour le supplément NHS de deux ans et demi, absolument impossible.
Leur avocat, travaillant pour l’association caritative North East Law Centre, a souligné que le couple avait fourni 47 documents détaillant leurs revenus et dépenses, démontrant clairement leur incapacité à réunir la somme requise de 4 526 £ (environ 5 380 €).
Une épreuve psychologique
Mme Charlebois, qui n’a plus de contact avec sa famille au Canada, peine à couvrir ses dépenses courantes, notamment les frais de garde d’enfants. Elle raconte devoir quitter son travail prématurément à chaque fois que Layla est malade, mettant ainsi son emploi en péril. « Mentalement, ça a été des montagnes russes », avoue-t-elle. Elle aspire à rejoindre son mari au Royaume-Uni pour être plus proche de lui et bénéficier du soutien familial.
M. Wade, quant à lui, n’a pas pu rejoindre sa famille au Canada pendant le traitement de la demande de visa, étant contraint de maintenir ses heures de travail pour honorer ses dettes et subvenir aux besoins de sa femme. Cette situation rend ses déplacements pour voir sa fille extrêmement compliqués, l’empêchant même de passer les fêtes de fin d’année en famille. « Je ne sais pas combien de temps cela peut durer », s’inquiète-t-il.