Publié le 2024-02-29 10:30:00. L’exposition chronique à la pollution atmosphérique, et notamment au plomb, pourrait être responsable d’un nombre significatif de cas de démence et aggrave la mobilité des personnes âgées, selon de nouvelles recherches américaines.
- L’accumulation de plomb dans les os est liée à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence.
- Près de 18 % des nouveaux cas de démence aux États-Unis pourraient être liés à l’exposition au plomb.
- La pollution de l’air, en particulier le dioxyde d’azote, l’ozone et les particules fines, est associée à une perte de mobilité chez les seniors, pouvant aller jusqu’à l’invalidité.
Des études menées par l’Université du Michigan révèlent un lien insoupçonné entre la pollution de l’air et la santé cognitive et physique des personnes âgées. Les chercheurs ont mis en évidence des risques pour la santé qui n’étaient pas pleinement pris en compte jusqu’à présent, liés à une exposition continue à des polluants tels que le plomb, le dioxyde d’azote, l’ozone et les particules fines.
Selon Kelly Bakulski, chercheuse impliquée dans ces travaux, environ 90 000 nouveaux cas de démence chaque année aux États-Unis pourraient être évités en réduisant l’exposition au plomb.
« Environ 18 % des nouveaux cas de démence aux États-Unis chaque année pourraient être liés à l’exposition cumulée au plomb. Avec près d’un demi-million d’Américains diagnostiqués avec la démence chaque année, cela représente près de 90 000 cas potentiellement évitables : un chiffre vraiment significatif. »
Kelly Bakulski, chercheuse
L’étude, publiée dans la revue Alzheimer & Dementia: The Journal of the Alzheimer’s Association, a démontré que les personnes âgées présentant des niveaux élevés de plomb dans les os avaient un risque presque trois fois plus élevé (2,96) de développer la maladie d’Alzheimer et plus du double (2,15) de développer une démence quelle qu’en soit la cause, par rapport à celles du quartile inférieur.
Les chercheurs ont souligné que le plomb présent dans les os est un meilleur indicateur de l’exposition cumulée à ce métal lourd au cours de la vie que les taux de plombémie actuels. Le plomb dans le sang reflète uniquement une exposition récente, avec une demi-vie d’environ 30 jours, tandis que le plomb stocké dans les os peut y persister pendant des années, voire des décennies.
Une autre étude, parue dans JAMA Network Open, a examiné l’impact de la pollution de l’air sur la mobilité physique des personnes âgées. L’analyse des données de près de 30 000 participants à l’enquête nationale sur la santé et la retraite (NHANES) a révélé que l’exposition à long terme au dioxyde d’azote, à l’ozone et aux particules fines (PM2,5) est associée à une détérioration de la mobilité et à un risque accru d’invalidité.
Sara Adar, auteur principal de cette seconde étude, insiste sur l’importance d’un air pur pour le maintien de la santé et de l’autonomie des seniors.
« Notre étude montre qu’un air plus pur peut aider les gens à maintenir leurs fonctions physiques et même à se remettre des revers, leur permettant de rester plus forts et plus indépendants en vieillissant. »
Sara Adar, auteur principal de l’étude
Elle ajoute que l’amélioration de la qualité de l’air contribue de manière significative à un vieillissement en bonne santé.

